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Les itinérants montréalais souffrent d’un manque de ressources pendant la pandémie

Les itinérants montréalais souffrent d’un manque de ressources pendant la pandémie
LAMBERT GAGNÉ-LAMBERT/AGENCE QMI

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MONTRÉAL – Beaucoup d’itinérants montréalais avec des problèmes d’alcool, de drogue et de santé mentale rechutent depuis que la pandémie a interrompu un grand nombre de services pouvant leur venir en aide, d’après l’Accueil Bonneau. 

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Plusieurs services de soutien comme Alcooliques Anonymes et Narcotiques Anonymes ont suspendu leurs réunions de groupe régulières en raison des mesures de confinement et de distanciation physique. Les rencontres ne se font désormais que virtuellement ou par téléphone.

Les employés de l’Accueil Bonneau, le plus grand centre de service des plus démunis à Montréal, se retrouvent donc «sans solutions» pour venir en aide aux itinérants en situation de détresse, a expliqué Rachel Miron, directrice des interventions psychosociales et de l’hébergement.

La réalité des itinérants n’est pas adaptée au contexte d’une pandémie. Un usager qui recommence à consommer depuis que Narcotiques Anonymes n’offre plus ses rencontres en personne, c’est un cas parmi tant d’autres à l’Accueil Bonneau. Ce même usager n’a pas accès à un ordinateur ou à un téléphone.

«On connaît plusieurs usagers depuis longtemps, mais malheureusement à cause du manque de ressources, on les voit dégringoler rapidement», a confié Mme Miron.

La directrice générale de l’Accueil Bonneau, Fiona Crossling, déplore que les employés ne puissent plus recommander leurs usagers vers les ressources appropriées. La situation devrait perdurer, puisque ni Alcooliques Anonymes ni Narcotiques Anonymes n’ont reçu le feu vert du gouvernement pour reprendre leurs séances en personne.

«Puisque les ressources nécessaires ne sont plus au rendez-vous, on n’a nulle part où les envoyer pour les aider», a soutenu Mme Crossling.

«Ils n’ont donc personne pour les consoler, les écouter», a ajouté Mme Miron.

Même les rendez-vous avec les psychiatres doivent maintenant être tenus virtuellement.

«On ne peut pas demander à une personne atteinte de psychose d’assister à une rencontre virtuelle avec un psychiatre, ça ne fonctionnera pas», a expliqué Rachel Miron, ajoutant que les intervenants de l’Accueil Bonneau ne sont pas qualifiés pour gérer des psychoses.

«Nos employés ne sont pas médecins», a-t-elle rappelé.

Situé dans le Vieux-Port, l’Accueil Bonneau peut en temps normal accueillir 165 hommes au sein de ses quatre maisons d’hébergement. Ses employés et bénévoles œuvrent à fournir 700 repas par jour dans sa salle à manger.

Certains usagers agissent avec plus d’agressivité et de violence, selon des employés. Bien que les intervenants de l’Accueil Bonneau aient été formés en gestion de la colère, il ne relève pas de leurs tâches de contenir les élans agressifs.

Les besoins sont si criants et les ressources si manquantes qu’il a fallu ajouter «énormément » de personnel afin de pouvoir mieux gérer la situation, a fait savoir Mme Crossling.

Dans le cas où les usagers deviennent violents envers les autres résidents, ils doivent être évacués du centre et, pour la plupart, remis à la rue.

«Vous aurez remarqué que pendant le confinement, les seules personnes qu’on voit dans la rue, ce sont nos gars, a dit le directeur exécutif de l’Accueil, Claude Vigneault. Tout le monde est confiné à l’abri. Ceux qui sont dans la rue ce sont nos cas marginaux, laissés à eux-mêmes, malgré tous nos efforts.»

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.