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Maudits enfants!

Group of friends jumping in outdoor swimming pool
Photo Adobe Stock

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Depuis l’arrivée des beaux jours, mes enfants ainsi que ceux de ma douce moitié s’épivardent dans la piscine familiale.

Ils sont chanceux. Alors que la deuxième canicule de l’été s’amène, ils ont le luxe de pouvoir se rafraîchir. Mais ils devront le faire en silence, puisque la voisine d’en arrière a décidé que les enfants qui jouent, c’est très dérangeant.

Bienvenue à Pleasantville

Cette voisine n’est pas seule. Et je ne peux pas lui reprocher vraiment d’être gossée par des enfants qui s’époumonent. C’est vrai que c’est fatigant, mais ce sont des enfants, pas des poupées avec une switch on/off.

Partout sur les médias sociaux, des témoignages de parents qui ne savent plus comment faire pour contenir leur marmaille. Les voisins se plaignent que ça crie, que ça pleure, que ça court, que ça pile dans leurs belles plates-bandes parfaites.

Comprenez-moi bien, l’idée n’est pas de laisser les kids hurler à longueur de jour, mais me semble qu’on pourrait faire preuve d’un minimum de tolérance.

Les enfants sont enfermés à l’intérieur depuis la mi-mars. Ils ne vont pas à l’école, et, jusqu’à il n’y a pas si longtemps, n’avaient aucune interaction avec leurs congénères. Ce n’est donc pas surprenant qu’ils soient survoltés en ce moment.

On a dit partout que ça n’avait pas de bon sens de garder les enfants enfermés et isolés. On a peur qu’ils gardent des séquelles psychologiques. Me semble qu’on s’est entendus collectivement pour se dire qu’on devait faire quelque chose pour la santé psychologique des petits et des ados.

Jouer, courir, et oui, parfois crier en jouant à la tag, c’est bon pour la santé physique et psychologique de cette génération qu’on nomme déjà la génération COVID.

La Youtubeuse Cynthia Dulude a fait un sondage sur Twitter cette semaine. Elle a demandé aux parents s’ils laissaient crier leurs enfants comme bon leur semble ou s’ils exerçaient un certain contrôle.

Sans grande surprise, la majorité a répondu tenter de gérer le niveau sonore. Vraiment, qui laisse son enfant gueuler à pleins poumons ? Personne. Et savez-vous quoi ? Moi aussi, ça me tombe sur le gros nerf quand mes enfants lâchent des cris primaux dans la piscine en jouant à Marco Polo.

Intolérance

Sauf qu’il y a une limite à ce que je peux faire. Je ne peux pas les bâillonner, je ne peux pas non plus les noyer dans le 10 pieds. Je peux juste leur répéter de baisser le volume... 67 fois par après-midi. Mais ça aussi ça dérange la voisine, ç’a l’air. Faudrait pas répéter le nom de nos enfants 67 fois. Ça nuit au télétravail.

Je n’en reviens pas qu’on soit si intolérants collectivement au son des enfants qui jouent dehors ou dans la piscine. L’été est à nos portes et il y a déjà beaucoup de frictions. Ça en dit long sur l’égoïsme collectif. 

Un Québec fou de ses enfants ? Oui. Tant qu’ils ne sont pas dans NOTRE cour.