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Pas de foule pour la réouverture

Le retour des clients dans les centres commerciaux du grand Montréal s’est fait timidement

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Couloirs vides, boutiques fermées, aires de repos barricadées, la réouverture attendue des centres commerciaux de la région métropolitaine vendredi donnait l’impression de ville déserte.

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« On est vraiment surpris qu’il y ait aussi peu de monde, normalement les Promenades Saint-Bruno, c’est très achalandé et là il n’y a vraiment pas beaucoup de gens », soutient Sébastien La Victoire, gérant de la bijouterie Lavigueur au centre commercial situé sur la Rive-Sud de Montréal.

Même si la réouverture des centres commerciaux de la région de Montréal semblait attendue, l’achalandage y était plutôt faible, vendredi, lors de cette première journée. 

Comme M. La Victoire, Julie Rivard, gérante du magasin de jeux et jouets Le Tambourin au Mail Champlain à Brossard, avait « espoir qu’il y ait plus de monde pour ce premier jour » après trois mois de fermeture en raison de la COVID-19.

Certains, comme Sandra Cutrone, propriétaire du kiosque Nutri Noix au Carrefour Laval ne sont pas convaincus que la réouverture sera rentable. 

« On est nerveux. On se demande si ça va valoir la peine », confie-t-elle. 

Sandra Cutrone, de Nutri Noix, se demandait si les clients seraient au rendez-vous.
Photo Maude Ouellet
Sandra Cutrone, de Nutri Noix, se demandait si les clients seraient au rendez-vous.

Commerces fermés

Et le très grand nombre de boutiques encore fermées pourrait y être pour quelque chose, croit M. La Victoire. 

Comme aux Promenades Saint-Bruno ou au Mail Champlain, de nombreux magasins du Centre Laval, sur la Rive-Nord de Montréal, ont gardé leur rideau de fer baissé.

« Il doit bien y avoir la moitié des boutiques qui sont toujours fermées », lance Giselle Pelchat, vendeuse à la boutique Jean Bleu située au Centre Laval.

Même situation au Centre Eaton, au centre-ville de Montréal. Impossible d’entrer voir les vêtements chez Reitmans ou Winners, ni les accessoires de cuisine chez Stokes ou encore les fournitures artistiques chez DeSerres. 

La boutique de savons et de produits corporels Lush était aussi plongée dans le noir. Sur la porte, une feuille annonçait la fermeture des 258 magasins de détail partout au Canada et aux États-Unis pour une durée indéterminée.

Venue de Longueuil pour mettre la main sur leurs produits, Érica, qui a préféré taire son nom de famille, ne cachait pas sa déception. 

« J’ai commandé en ligne, mais ça me prend une éternité. Je me suis dit qu’aujourd’hui ça allait être ma chance d’acheter tout ce dont j’ai besoin... J’espère que ça ouvrira bientôt », a lancé la jeune femme.

À la boutique Lotti, pas d’autres choix que de faire un solde pour écouler les stocks invendus.
Photo Maude Ouellet
À la boutique Lotti, pas d’autres choix que de faire un solde pour écouler les stocks invendus.

Beaucoup d’heureux

Malgré quelques déçus, la réouverture des centres commerciaux a quand même fait des heureux. 

Pour Rania Hicham, rien ne vaut une vraie séance de magasinage. 

« Ça permet enfin de voir des gens, de sortir un peu de la routine ! Quand on travaille de la maison, on ne voit déjà personne, donc c’est agréable », explique la jeune femme, qui avait pris l’habitude de faire ses achats en ligne.

Johanne Beaudoin, gérante du magasin Le Chapelier au Mail Champlain, est ravie de retrouver sa boutique et affirme que sa première journée se passe bien.

« Comme c’est l’été, on a quand même beaucoup de gens qui viennent acheter des chapeaux », affirme-t-elle.

Seul bémol selon certains commerçants, de nombreux clients ont encore du mal à respecter les consignes de sécurité et de distanciation.

« C’est sûr que c’est une chose à laquelle les gens vont devoir s’habituer, mais ça va venir », conclut Mme Beaudoin.

–Avec Gabrielle Morin-Lefebvre, Agence QMI