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Prolongation de la PCU: des agences de placement craignent un casse-tête

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Photo Ben Pelosse

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MONTRÉAL – La prolongation de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) jusqu'à la mi-septembre pourrait causer des ennuis aux employeurs en incitant les gens à ralentir leur recherche d'emploi, craignent des agences de placement de personnel. 

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«C’est sûr que cette prolongation-là ne vient pas aider le marché de l’emploi», a soulevé Roxane Dumais-Pelletier, directrice générale de Métier Plus, une agence de placement spécialisée dans le recrutement technique dans les secteurs de la construction et industriel.

Même son de cloche à l'agence de placement et de recrutement de personnel Randstad, où on craint que des gens demeurent sur la PCU tout en effectuant des contrats sans les déclarer.

Dominic Lévesque, président de la firme de ressources humaines Randstad Professionnels et Lab Innovation, croit que les employeurs doivent s'adapter et créer des mesures incitatives de retour au travail.

«L’idée du programme a été faite pour les bonnes raisons et c’est important. Pour moi, ce n’est pas le programme en tant que tel [qui est un problème], mais ce qui va venir autour. [Il faut] créer des incitatifs», a-t-il dit.

Durant cette crise, les employeurs ont travaillé d’arrache-pied sur les protocoles de retour au travail, de santé et sécurité et sur l’instauration du télétravail, mais peu sur les propositions de valeur aux employés, mentionne M. Lévesque.

«Il faut s’assurer que les gens aient envie de travailler et de rester. D’inciter à la collaboration, au travail d’équipe. Les gens ont besoin de socialiser. L’être humain est comme ça. C’est important la santé publique, mais il ne faut pas oublier la santé mentale», a-t-il dit.

Dur à prévoir

La prolongation de la PCU vient à peine d'être annoncée cette semaine par le premier ministre Justin Trudeau, et chaque personne ne réagit pas de la même façon au contexte et aux incitatifs, ce qui rend l'évolution de la situation difficile à prévoir, souligne Mme Dumais-Pelletier.

«Certains sont craintifs de la COVID-19, d’autres préfèrent rester chez eux avec le 2000 $ [de la PCU] alors que d’autres s’empressent à retourner au travail», a-t-elle analysé.

L’embauche risque toutefois de demeurer difficile dans les postes où la main-d’œuvre est plus rare, comme ceux de techniciens en mécanique du bâtiment ou encore de mécaniciens de machinerie. Un problème qui est encore plus grave en région qu’à Montréal, juge Sylvain Pelletier, président de Métier Plus.

L’agence de placement note quand même, pour le moment, une baisse de 25 % des requêtes d’employeurs. Il demeure donc difficile de tirer des conclusions.

«Ça n’a pas repris à 100 %. Les entreprises sont sur le frein, pensent à deux fois pour les investissements. Ce n’est pas tout le monde qui est sur le mode embauche», a indiqué Mme Dumais-Pelletier.

La situation actuelle rétablit quelque peu l’équilibre employeur-employé, relatent M. Pelletier et Mme Dumais-Pelletier. Le taux de chômage présentement à 15,2 % à Montréal augmente le nombre de candidats potentiels pour un poste.

«Avant, les employés avaient énormément de pouvoir de négociations. Il y avait trois "jobs" pour un. Là, comme les "jobs" sont moins sûres, les employeurs gagnent un peu», a expliqué Mme Dumais-Pelletier.

Soupir de soulagement chez les artistes 

Pour les artistes, la prolongation de la Prestation canadienne d'urgence (PCU) est vue d’un bon œil et les aidera à travailler à la relance du secteur.

Par communiqué, l’Union des artistes (UDA) s’est dite «satisfaite de l’annonce de prolonger la PCU de huit semaines, jusqu’à un maximum de 24 semaines», précisant toutefois que «le travail n'est pas terminé».

Même si quelques salles de concert ouvriront leurs portes dès lundi, des manques à gagner sont prévisibles pour les artistes.

«Même si le secteur artistique ouvre graduellement, le débit de spectacles ne rentre pas au même rythme que d’habitude, a mentionné le chansonnier Fred Gagnon. Donc, [la PCU] aide à pouvoir envisager continuer à vivre de notre métier et assurer une transition à travers le déconfinement, question de pouvoir évaluer à quoi ressemblera le milieu artistique dans les prochains mois et années.»

Ce dernier a obtenu quelques contrats de prestations pour les prochaines semaines, mais reste loin du nombre obtenu l’été dernier.

«Plusieurs établissements n’ont pas encore officiellement le droit de présenter des spectacles et je présume que plusieurs autres devront probablement renflouer les coffres avant de penser pouvoir engager des artistes pour divertir leur clientèle», a-t-il remarqué.

Plus de trois mois après le début de la pandémie, Fred Gagnon a dû puiser dans ses économies, privé des revenus liés à ses concerts.

«Si je dois me trouver un autre travail dans quelques mois parce que je ne fais pas assez de spectacles, je n’ai pas de problème, la musique fera toujours partie de ma vie, peu importe la situation», a-t-il dit.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.