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La course aux remèdes: essais massifs sur les humains

Trois équipes de chercheurs feront des tests sur des cobayes au cours du mois de juillet

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Photo AFP La compagnie chinoise Sinovac travaille fort pour trouver un vaccin contre la COVID-19. On voit ici un employé à l’œuvre en avril dernier, alors qu’il prélevait des échantillons de cellules rénales de singe pour un test expérimental.

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Dans les prochaines semaines, les efforts de recherche pour découvrir un vaccin contre la COVID-19 franchiront une étape cruciale : celle des essais massifs sur les humains.

• À lire aussi: La course aux remèdes: la guerre au virus se poursuit

Les trois équipes de chercheurs les plus avancées sur la planète entreprendront des tests de phase 3 avec des dizaines de milliers de cobayes humains, au cours du mois de juillet.

L’espoir est d’être en mesure de fabriquer un vaccin dès l’automne prochain. On visera d’abord, sur une base limitée, les travailleurs de la santé de première ligne, puis, probablement au début de l’année prochaine, on l’offrira à l’ensemble de la population mondiale.

La compagnie Moderna, basée au Massachusetts, est la plus ambitieuse des trois équipes. Elle entend procéder à des tests sur 30 000 personnes aux États-Unis à compter de juillet avec un vaccin utilisant une technologie innovatrice, mais jamais encore employée avec succès.

Au lieu de recourir à un virus inactivé, Moderna isole une partie du code génétique de la COVID-19 et l’utilise pour provoquer l’activation du système immunitaire des personnes injectées.

Des retards

Le scénario optimiste est de produire les premières doses à l’automne. Mais le PDG de Moderna, le Français Stéphane Bancel, admet que cet objectif est atteignable si « tout se passe bien ».

« (Mais) il y a 50 raisons pour qu’il y ait des retards », mettait-il en garde dans une entrevue accordée au quotidien Le Figaro, à la fin mai.

Les deux autres équipes qui en sont à l’étape des tests de phase 3 – il s’agit de l’étape juste avant l’approbation finale d’un vaccin – sont celle de la compagnie chinoise Sinovac et celle de l’université Oxford et de la pharmaceutique AstraZeneca.

Elles ont toutes deux choisi le Brésil pour effectuer des tests de phase 3 pendant le mois de juillet, sur 9000 personnes dans le cas de Sinovac et 2000 personnes pour l’université Oxford et AstraZeneca.

Des doses dès cet automne

Pour accélérer les choses, le processus de fabrication du vaccin d’Oxford sera lancé avant même la fin des essais, au risque de faire fausse route si les tests échouent. De cette façon, les premières doses pourraient être prêtes à partir d’octobre. 

De son côté, Sinovac vise le début de 2021 pour la production des doses. Elle emploie la technique éprouvée du virus inactivé, néanmoins risquée puisqu’il faut cultiver des virus réels en laboratoire.

À l’échelle du globe, selon la recension la plus récente de l’Organisation mondiale de la santé, on compte 11 vaccins potentiels qui sont à l’étape des essais cliniques (phases 1, 2 et 3) et 128 à celle des tests précliniques. 

Risquer sa vie pour un test  

Lehua Gray, une jeune femme de 32 ans du Texas, est prête à se faire inoculer la COVID-19 pour tester un vaccin contre la maladie.
Photo tirée de Facebook
Lehua Gray, une jeune femme de 32 ans du Texas, est prête à se faire inoculer la COVID-19 pour tester un vaccin contre la maladie.

Seriez-vous prêt à risquer d’attraper la COVID-19 pour tester un vaccin ?

Des milliers de personnes à travers le monde ont répondu oui à cette question afin d’accélérer la découverte d’une cure à cette maladie impitoyable.

Pour des raisons éthiques, les programmes actuels de tests des vaccins ne permettent pas une inoculation directe de la maladie sur les cobayes humains.

On préfère compter sur l’exposition au virus qui survient naturellement dans les pays où la maladie est présente.

Le site 1daysooner.org a recueilli les noms de près de 30 000 personnes à travers le monde prêtes à se porter volontaires. C’est le cas de Lehua Gray, une femme de 32 ans du Texas, qui a été interviewée récemment par le Washington Post.

Comme elle est jeune, elle dit ne pas avoir peur des effets du coronavirus. « Si je peux sauver des vies en courant peu de risques, je me suis dit : pourquoi pas ? » a-t-elle expliqué au quotidien.

Elle affirme être motivée par le désir de voir sa grand-mère, qui souffre de problèmes respiratoires, être immunisée.

Pour le moment, aucune équipe de développement de vaccin n’a accepté l’offre de ces volontaires. 

L’opération Warp Speed 

Les Américains ont le don pour les formules imagées pour qualifier des situations hors de l’ordinaire. La Maison-Blanche a donné le nom d’opération Warp Speed (en français, vitesse supraluminique) à son programme pour accélérer le développement d’un vaccin contre la COVID-19. L’expression vient de la série Patrouille du cosmos (Star Trek).

Jusqu’ici, cinq projets se sont qualifiés pour le programme et trois d’entre eux ont déjà reçu 2,2 milliards $ en fonds fédéraux (dont Moderna et Oxford-AstraZeneca, voir texte à droite).

Le Dr Anthony Fauci, un des experts en santé publique les plus respectés aux États-Unis et fameux pour avoir affronté publiquement le président Donald Trump, place beaucoup d’espoir dans ce programme. Il se dit prudemment optimiste face à la mise au point rapide d’un vaccin.

Il semble même sur la même longueur d’onde à ce sujet que le président Trump, qui écrivait récemment sur Twitter : « Les vaccins progressent très bien. »

Par contre, le Dr Fauci s’inquiète sur leur durée d’action à cause de mécanismes particuliers de la COVID-19. Il craint que leur efficacité ne soit limitée à seulement un an. 

Ce qu’en pense le doc Béliveau  

Vaccins : La vitesse de développement des différents vaccins est réellement impressionnante et on se doit d’être optimiste pour la suite des choses. Par contre, même si la science sous-jacente à chacun de ces vaccins est très solide, les essais cliniques qui vont démarrer bientôt représentent le moment de vérité où on pourra enfin déterminer le véritable potentiel préventif de ces vaccins.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.