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La course aux remèdes: un mois complètement fou pour la chloroquine

Après le retrait d’une étude, les États-Unis suspendent son utilisation d’urgence

medicament hydroxychloroquine
Photo d'archives, Simon Clark La Food and Drug Administration américaine a retiré l’autorisation d’utilisation d’urgence de la chloroquine et de sa cousine l’hydroxychloroquine à la mi-juin en raison du trop grand risque qu’elles présentent et des faibles bénéfices notés.

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Les dernières semaines ont été fortes en rebondissements dans le dossier de la chloroquine, le retrait d’une étude a soulevé les passions et les États-Unis ont mis fin à son utilisation.

• À lire aussi: La course aux remèdes: la guerre au virus se poursuit

Dernier développement en lice, la Food and Drug Administration (FDA) a retiré son autorisation d’utilisation d’urgence du médicament.

Celle-ci avait été donnée en mars, alors que le président Donald Trump en faisait l’apologie. La FDA a finalement conclu lundi que la molécule présente trop de risques sans bénéfices prouvés.

Cela fait suite à un mois complètement fou marqué par un article publié le 22 mai dans la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet.

Les auteurs de la recherche concluaient que l’hydroxychloroquine était non seulement inefficace contre la COVID-19, mais qu’elle était également dangereuse pour certains patients.

Sa publication a causé une onde de choc poussant l’Organisation mondiale de la santé à suspendre tout essai clinique sur la chloroquine et son dérivé l’hydroxychloroquine, partout sur la planète. 

L’étude s’est cependant attiré les foudres des défenseurs de la molécule, dont le Pr Didier Raoult. Ne mâchant pas ses mots, il l’avait qualifiée de « foireuse ».

Après une mobilisation de la communauté scientifique, qui remettait en doute la méthodologie, trois des auteurs du papier se sont rétractés et celui-ci a finalement été retiré.

Avis divergents

Partout à travers le monde, les avis sur la chloroquine ont malgré tout continué de diverger.

Deux études allemandes, qui avaient été interrompues, sont sur le point de reprendre.

Même chose pour la très attendue étude européenne Discovery, qui avait fait du surplace en raison du trop faible nombre de patients enrôlés.

Au Brésil, en mai, le gouvernement a recommandé l’utilisation du médicament pour les personnes légèrement atteintes de la maladie.

En Belgique, 5000 patients ont été traités avec la molécule depuis le début de la pandémie.

L’étude britannique Recovery, effectuée sur des milliers de malades, a quant à elle été arrêtée, faute d’effet positif.

Au Québec, l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux campe sur ses positions : il ne dispose pas des preuves scientifiques suffisantes pour recommander l’usage du médicament en dehors d’un protocole de recherche. 

Les événements se bousculent  

22 mai

Parution d’une étude dans The Lancet, qui conclut à l’inefficacité de l’hydroxychloroquine et à sa dangerosité

23 mai

Publication d’une lettre signée par 120 scientifiques mettant en doute les méthodes utilisées dans l’étude

25 mai

Suspension par l’Organisation mondiale
de la santé (OMS) de tous les essais cliniques sur la chloroquine

3 juin

Reprise des essais annoncée par l’OMS 

5 juin

Trois des auteurs de l’étude se rétractent, ce qui mène au retrait de l’article de la revue

15 juin

Retrait de l’autorisation d’utilisation d’urgence de la Food and Drug Administration (FDA) 

Ce qu’en pense le doc Béliveau  

Chloroquine : Malgré tout le brouhaha entourant la chloroquine, la tendance qui se dégage est que l’utilisation de ce médicament (ou son dérivé hydroxychloroquine) ne présente pas d’avantages pour le traitement de la COVID-19. De plus, les résultats de l’essai clinique randomisé réalisé par l’Université McGill, publié le 3 juin dernier dans le New England Journal of Medicine, indiquent que le médicament ne parvient pas non plus à prévenir le développement de la maladie chez des personnes qui avaient été en contact étroit avec un patient atteint de COVID-19. 

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.