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Le Québec – une province raciste?

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Manifestation contre le racisme et la brutalité policière, au centre-ville de Montréal, le dimanche 7 juin 2020, à Montréal. TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

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Alors que cette « fausse nouvelle » circule à travers le Canada, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a traité mercredi dernier le leader parlementaire bloquiste, Alain Therrien, de raciste. Le chef du NPD a été exclu de la Chambre des communes pour avoir prononcé ce mot classé non parlementaire.

Le chef du Bloc québécois lui a demandé de s’en excuser, ce que ce dernier a refusé de faire. Le premier ministre Trudeau a affirmé que le Bloc paie ainsi le prix de son refus d’admettre que le racisme systémique est un fléau au Canada.

Or le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, a reconnu que « des traces résiduelles de racisme existent dans les institutions canadiennes ». 

Mais il estime qu’il faut s’abstenir de généraliser en associant tous les membres d’une communauté à ce racisme.

Le Bloc s’inscrit donc en faux contre les accusations formulées contre le gouvernement Legault qui a fait voter la loi 21. 

Ses opposants qualifient de raciste la majorité francophone, qui appuie François Legault.

Colère

Si l’on comprend bien, la forte réaction de colère de Jagmeet Singh s’explique par l’échange de regards tendus au moment du vote sur sa motion visant à reconnaître le racisme systémique au sein de la GRC.

Monsieur Singh a donc interprété le regard du leader parlementaire bloquiste et le geste qui l’a accompagné comme un rejet de ses propos. 

Il s’est senti rejeté en quelque sorte comme une personne racisée.

Et voilà donc le nœud gordien auquel doivent faire face apparemment tous les Blancs qui semblent être mis dans le même sac. 

Les Blancs d’aujourd’hui seraient les héritiers des esclavagistes d’hier et de tous ceux qui ont depuis des siècles colonisé, exploité---, méprisé et discriminé les non-Blancs. 

Sur la terre entière et même au fond des villages du Québec.

Découvrez À haute voix, une série balado sur les enjeux de la société québécoise contemporaine, par Denise Bombardier.

Comment pourra-t-on organiser de façon plus civilisée des débats sur ce thème qui ne cesse de s’amplifier ? 

Les Québécois, eux-mêmes humiliés, pauvres et culpabilisés par une catholicité bornée, peuvent-ils se faire enfermer désormais dans un statut de racistes dont ils seraient inconscients de l’être ?

Attaques

Comment résister à ces attaques déstabilisantes qui font d’eux des racistes systémiques du seul fait de la couleur de leur peau et de leurs batailles pour protéger leur langue, toujours bafouée, et leur culture distincte, qui inclut la laïcité ?

La majorité québécoise doit-elle redevenir silencieuse, plier l’échine, faire son mea culpa et laisser à d’autres le soin de définir maintenant ce qu’elle est ?

Autrefois Canadiens français, nous nous sommes rebaptisés Québécois pour inclure tous les citoyens du Québec. 

Voilà que des minorités s’excluent elles-mêmes de l’appartenance au Québec au nom de la race et de la religion. 

Quelle régression des valeurs universalistes !

Faut-il s’attendre à ce que le Canada tout entier décide d’exclure le Québec « raciste » de la fédération canadienne afin de ne pas entacher l’image de vertu et de pureté d’un Canada postnational ? 

Ce serait le séparatisme à l’envers.

Dans la presse internationale, des articles entretiennent ces préjugés au sujet du Québec actuel. 

On peut douter que les ambassades du Canada s’empressent de corriger cette perception, qui entache l’image du Québec et ses habitants. 

La société québécoise se retrouve ainsi dans le camp des racistes. 

Quelle calamité !