/misc
Navigation

Remaniement et dilemme de parité

entrevue Legault
Photo Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

S’il y avait un remaniement au retour des vacances, François Legault-- serait confronté à plusieurs dilemmes, dont celui du respect de la parité homme-femme à l’intérieur du conseil des ministres.

Le premier ministre avait présenté une équipe paritaire le 18 octobre 2018. Toutefois, en démettant MarieChantal Chassé de ses fonctions de ministre de l’Environnement au profit de Benoit Charrette, il a sacrifié cet équilibre moins de trois mois plus tard.

Les problèmes de communication de la ministre ne faisaient pas de doute. Mais au même moment, le titulaire de l’Agriculture, André Lamontagne, avait conservé la confiance du patron après s’être proclamé responsable du congédiement du lanceur d’alerte Louis Robert.

L’opposition avait dénoncé les deux poids deux mesures appliqués, selon que le ministre dans la controverse soit un homme ou une femme.

Depuis le début de son mandat, à chaque insinuation sur une plus faible place des femmes dans son équipe, François Legault n’a pu réprimer une forte réaction épidermique. 

Récemment, il a lancé un « shame on you » bien senti à Dominique Anglade, reprochant aux libéraux d’avoir critiqué l’absence de femmes au sein du groupe de relance économique du gouvernement.

La ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, n’a pas trouvé des mots très convaincants pour renverser cette perception, affirmant : « Nos voix sont considérées aussi par mes collègues. »

Il demeure étonnant que M. Legault n’ait pas inclus sa vice-première ministre, Geneviève Guilbault, sur ce comité restreint au cœur de toutes les décisions, regroupant Eric Girard, Christian Dubé, Pierre Fitzgibbon et Jean Boulet.

Des ratés

Il y a des femmes très fortes au gouvernement. Toutefois dans les derniers mois, quelques-unes ont fait parler d’elles pour de mauvaises raisons. La ministre déléguée Marie-Ève Proulx a défrayé la chronique pour les relations tendues avec son personnel et a essuyé des critiques dans sa région.

Sa collègue, Sylvie d’Amours, n’a pas brillé lors de la crise autochtone. Idem pour la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau, ou Nathalie Roy à la Culture.

Si d’aventure le chef caquiste était tenté de démettre une ou plusieurs d’entre elles, il pourrait se sentir obligé de puiser d’abord dans ses élues pour que ce nouvel élan ne brise davantage l’équilibre homme-femme.

À moins qu’il accepte de se rendre plus vulnérable sur cette corde visiblement sensible, en préférant faire ses choix selon d’autres critères. Ce sera à lui de décider.

Joëlle Boutin, qui a ravi Jean-Talon, est un nom qui vient en tête. Émilie Foster, ex-employée du cabinet de François Legault dans l’opposition, aspire à de plus hautes fonctions, dit-on.

Beaucoup d’appelés

Dans les banquettes arrière masculines de la CAQ, Christopher Skeete, Ian Lafrenière, Samuel Poulin, Donald Martel, Gilles Bélanger et Louis-Charles Thouin font partie de ceux qui pourraient être considérés pour se retrouver dans une deuxième cohorte de ministres.

Mais plus d’un risque de piétiner sur le seuil. Le PM pourrait-il multiplier les limousines avec un déficit de 14,9 milliards à redresser ?

Legault seul le sait

Il reste peu probable que François Legault procède à un important rema-niement au moment où frapperait une deuxième vague de la pandémie. Décembre ou janvier serait un meilleur moment pour brasser les cartes, possiblement au sortir de la crise. 

D’ici là, des sources laissent entendre que des ajustements sont possibles. François Legault serait notamment tenté de scinder le ministère de l’Éducation, afin que le volet Enseignement supérieur soit confié à quelqu’un d’autre, et que Jean-François Roberge se concentre sur les écoles primaires et secondaires.

Il a commis une erreur en affirmant en début de pandémie que c’était les vacances pour les enseignants et les élèves qui se retrouvaient à la maison. 

Le ministre a dû ensuite ramer dans le gravier pour se rattraper, mais il ne perdra pas son poste.

Les bulletins 

Eric Girard, CAQ

entrevue Legault
Photo Jean-François Desgagnes

 

Avec la pandémie, le déficit est impressionnant. Mais le ministre des Finances s’est accoté complètement sur la réserve de stabilisation en prévoyant un coussin de 4 milliards $ pour réagir à la deuxième vague. Puis, avec 2,3 milliards $ réservés pour l’achat d’équipement, on ne devrait pas en manquer. 


Dominique Anglade, PLQ

entrevue Legault
Photo Simon Clark

 

La nouvelle chef a fait passer le bien du parti avant de possibles rancœurs personnelles. Ainsi, elle n’a pas cherché à punir Marwah Rizqy, qui l’avait critiquée en début de course à la direction. Bonnes décisions de lui avoir laissé le dossier névralgique de l’éducation et d’avoir placé André Fortin au poste de leader.