/misc
Navigation

Fin de session en queue de poisson

Coup d'oeil sur cet article

La session parlementaire historique qui vient de se terminer a connu de brefs moments d’harmonie, pour se terminer dans l’acrimonie. Les dernières semaines ont été marquées par l’humiliation du Canada sur la scène internationale, des accusations de racisme, un parlement paralysé, et la fureur de la Chine. Tour d’horizon.


PARLEMENT MINORITAIRE VIRTUEL ET INEPTE

Une certaine harmonie régnait au parlement au début de la pandémie. Les partis ont mis de côté la partisanerie afin de resserrer en urgence le filet social. Mais la discorde a entravé les nécessaires réformes de certains programmes, comme la Prestation canadienne d’urgence et la mise en place d’aide pour des laissés pour compte, comme les personnes handicapées. Les partis se regardent maintenant en chiens de faïence, paralysant les rares travaux d’un parlement virtuel inepte.  


GIFLE DE L’ONU À TRUDEAU

Justin Trudeau
Capture d'écran, TVA Nouvelle
Justin Trudeau

Justin Trudeau a vécu la semaine dernière sa pire humiliation sur la scène internationale. Il n’y a pas d’autre façon de le dire. Le premier ministre porte personnellement en grande partie l’échec du Canada d’obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce siège, c’était son bébé, son cheval de bataille. Force est de constater que l’étoile de M. Trudeau a considérablement pâli, lui qui était considéré comme une véritable vedette sur la scène mondiale. M. Trudeau incarnait l’antidote au populisme à la Trump, qui contamine l’Occident. Mais, malgré les beaux discours du premier ministre, les faits sont têtus. Et dans les faits, le Canada contribue moins en proportion de son économie dans les missions de paix et en aide internationale que les vainqueurs, la Norvège et l’Irlande. Le monde a vu en Justin Trudeau ce que nous savions déjà, ici : un leader qui préfère souvent les sermons à l’action. 


L’INSULTE SUPRÊME 

La réaction viscérale du chef du NPD Jagmeet Singh, qui a traité un bloquiste de raciste en pleine Chambre des communes, étonne. M. Singh est plus connu pour ses messages d’amour, de courage et de compassion que pour ce genre d’insultes. Elle traduit le ras-le-bol des personnes de couleurs qui doivent composer avec le racisme. Mais il est aussi étonnant que M. Singh refuse de s’excuser. À ses yeux, ceux qui ne reconnaissent pas le racisme systémique sont nécessairement racistes. L’argument est un peu court. Et on peut se demander à quoi cela mène pour le NPD. Largue-t-il définitivement le Québec ? Justin Trudeau, lui, en a remis, en refusant de condamner les propos de M. Singh. Le premier ministre a raté une belle occasion de s’élever au-dessus de la mêlée. Les problèmes de racisme au Québec et au Canada ne se régleront pas à coups d’insultes. 


LA CHINE MONTRE ENCORE LES DENTS

La Chine a encore durci ses représailles contre le Canada en inculpant formellement pour espionnage deux Canadiens détenus depuis maintenant un an et demi. C’était malheureusement à prévoir. L’action de la Chine suit la décision, en mai dernier, de la justice canadienne de poursuivre l’extradition vers les États-Unis d’une dirigeante de la télécom Huawei. Justin Trudeau s’est dit « déçu », en évitant, encore une fois, de tancer le géant chinois. Mais de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer qu’Ottawa monte lui aussi le ton ou exerce des représailles. Mais Justin Trudeau semble décidé à suivre la même stratégie de l’apaisement, malgré ses insuccès.