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Les premiers enfants adoptés de la pandémie

Le rapatriement de jeunes garçons africains a été un véritable combat pour leurs familles québécoises

Adoption 5e enfants
Photo Chantal Poirier Rachel Couillard et Jonathan Michel Habib avec leurs quatre enfants biologiques. De gauche à droite : Asaël (7 ans), Josué (11 ans), Caleb (5 ans) et Maela ( 9 ans) ont accueilli Jimmy, adopté au Burundi.

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Trois mamans québécoises ont réussi « par miracle » à rapatrier leurs enfants du Burundi, alors que tous les processus d’adoption internationale sont suspendus à cause de la pandémie.

« Pour nous, c’est comme un miracle », laisse tomber Rachel Couillard.

La mère à la maison de 34 ans a accueilli son cinquième enfant à l’aéroport Jean-Lesage de Québec, dimanche dernier.

Son petit Jimmy, 3 ans, était attendu depuis janvier 2018, au moment où le dossier de la famille de Terrebonne, dans Lanaudière, a été déposé à l’agence d’adoption.

Tous sur le même vol, trois bambins, Jimmy, Iriho, 2 ans, et Jackson, 4 ans, sont les premiers enfants nés à l’étranger à arriver au pays depuis la mi-mars, confirme la directrice générale du Secrétariat à l’adoption internationale (SAI), Josée-Anne Goupil.

Julie Simard et son mari, tout sourire avec leur fils de 2 ans, Iriho. COURTOISIE
Photo courtoisie
Julie Simard et son mari, tout sourire avec leur fils de 2 ans, Iriho. COURTOISIE

« Un véritable combat »

Rachel Couillard, Julie Simard et Isabelle Pelletier devaient toutes partir pour le Burundi – un pays de l’Afrique de l’Est parmi les plus pauvres sur la planète – au début du mois d’avril.

Lorsque Québec a déclaré l’état d’urgence, à la mi-mars, le SAI a informé les trois mamans qu’elles devraient attendre la fin de la pandémie pour rencontrer leurs fils adoptifs.

« On ne s’est jamais satisfaites de cette réponse, affirme Julie Simard, une militaire de 43 ans, nouvelle maman du petit Iriho, 2 ans. Ça a été un véritable combat. »

Par l’entremise de la Fédération des parents adoptants du Québec, la dame de Lac-Serment, au nord-ouest de Québec, est entrée en contact avec les deux autres mères.

Les enfants d’Isabelle Pelletier. En arrière, Charlie (16 ans) et Abigaëlle (13 ans), et en avant, Alec (14 ans), Eugénie (11 ans) et Clément (5 ans), étaient heureux de rencontrer leur nouveau petit frère, Jackson (4 ans).
Photo courtoisie
Les enfants d’Isabelle Pelletier. En arrière, Charlie (16 ans) et Abigaëlle (13 ans), et en avant, Alec (14 ans), Eugénie (11 ans) et Clément (5 ans), étaient heureux de rencontrer leur nouveau petit frère, Jackson (4 ans).

« Ça a été trois mois de travail sans relâche. Des lettres, des appels et des suivis au SAI, à nos députés, à Affaires mondiales Canada, à tous les ministres qui existent », raconte, quant à elle, Isabelle Pelletier, une pharmacienne de Waterloo, en Montérégie.

La femme de 41 ans est maintenant mère de six enfants. Jackson, 4 ans, est son troisième fils adopté à l’international.

Comme les trois femmes ne pouvaient se rendre au Burundi, elles ont misé sur le rapatriement.

Escortés par un couple

Le ministère des Relations internationales a ciblé pour elles un couple de confiance prêt à escorter les enfants au Canada.

« On a fait comprendre [aux autorités] que la COVID-19 et la situation politique instable au Burundi mettaient la vie de trois petits Canadiens en péril, soutient Mme Pelletier. Et on avait peur que la guerre civile éclate. »

Les trois mères sont maintenant « énormément soulagées et comblées » de pouvoir enfin prendre leur enfant dans leurs bras.