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Taïder est resté occupé

Il a passé le confinement avec sa conjointe enceinte et ses trois jeunes enfants

Impact de Montréal
Photo d'archives, PIerre-Paul Poulin Après trois mois loin de ses coéquipiers, Saphir Taïder a repris l’entraînement avec joie.

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La longue période de confinement que nous avons vécue ce printemps a été difficile pour tout le monde, surtout ceux qui n’ont pu pratiquer leur métier, faute de pouvoir faire du télétravail.

Et quand on est joueur de soccer, le télétravail n’est tout simplement pas une solution. Saphir Taïder a donc trouvé le temps long.

« Sportivement, c’est l’arrêt le plus long que j’ai vécu dans ma carrière et psychologiquement, c’est pareil. Personne n’avait vécu cette situation.

« J’ai pu prendre du temps pour moi, ma famille et mes enfants, ce que je n’avais pas beaucoup fait. La plupart des gens ont su s’adapter. »

Soulagement

N’empêche, le milieu de 28 ans avait hâte de retrouver le terrain, ce qu’il a pu faire il y a deux semaines.

« C’est tout un soulagement. On a eu la chance de travailler individuellement et maintenant, on peut travailler en groupe. On est prudents, mais on sait aussi être positifs. »

Taïder, qui habite près du centre-ville, a tout de même pu garder la forme, mais il a dû faire des efforts et s’imposer certaines contraintes pour éviter de faire comme bon nombre d’entre nous et de prendre du poids pendant la période de confinement.

« Pendant la pause, je me suis beaucoup entraîné. Ce n’est pas la même chose, mais j’ai su rester professionnel. »

Pas facile

Originaire de France et ayant aussi de la famille en Algérie, le joueur de l’Impact avoue que de vivre la crise sanitaire dans un autre pays n’a pas été de tout repos pour sa petite famille.

« On était loin de la famille et de nos proches. Ç’a été difficile. Le déconfinement s’est fait en France avant qu’on s’installe ici. Ce n’était pas évident. »

Il indique du même souffle qu’il se montre prudent et que sa famille continue de respecter les consignes gouvernementales.

« Je peux recommencer à sortir pour aller à l’entraînement, mais la famille reste confinée. Ce n’est pas évident pour eux, il n’y a pas que ma petite personne. »

Au parc

Taïder est père de trois enfants de moins de 5 ans et sa conjointe attend un quatrième enfant à la fin de l’été. Aussi bien dire qu’il a un deuxième boulot quand il rentre à la maison.

« Je parlais aux jeunes [joueurs] après l’entraînement, ils allaient jouer à la PlayStation, moi je rentrais à la maison, c’était le repas, les couches et jouer avec les enfants. Je dors sans réveil, ce sont mes enfants mon réveil. »

Taïder a donc joué un peu le rôle de G.O. avec ses trois enfants et a dû trouver des manières de tromper leur ennui.

« On va souvent au parc avec les enfants même si ce n’est pas toujours l’idéal. Mais il y a des enfants qui souffrent plus qu’eux. »

Et on peut confirmer ses dires puisque l’auteur de ces lignes l’a justement croisé au parc Maisonneuve il y a quelques semaines.

Équilibre

Même s’il paraissait épuisé quand on lui a parlé cette semaine, Taïder est un homme heureux. 

« Le fait d’avoir une famille, ça aide à rester équilibré », disait-il lors de la conversation téléphonique qui a été retardée d’une heure parce que c’était l’heure du bain chez les Taïder.

Sa conjointe et lui ont tenté de trouver les mots pour faire comprendre à leur marmaille qu’on vivait une situation hors de l’ordinaire.

« Le plus vieux a 4 ans et demi. Ils ne comprennent pas toujours la situation, mais on a essayé de faire pour le mieux pour leur expliquer ce qui se passait. »