/sports/ski
Navigation

De coach de l’élite à aide de service

Même s’il n’est pas du monde de la santé, l’entraîneur de ski alpin du Rouge et Or s’est engagé pour les aînés

Sven Pouliot
Photo courtoisie Sven Pouliot dans son nouvel uniforme de travail.

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir passé du temps de qualité en famille, Sven Pouliot a décidé de plonger dans un monde totalement inconnu quand ses jumeaux ont repris le chemin de la garderie.

Inscrit au site Je contribue du gouvernement québécois, l’entraîneur-chef de l’équipe de ski alpin du Rouge et Or de l’Université Laval a reçu un appel quatre semaines plus tard lui disant que ses services étaient requis comme aide de service au Chartwell Manoir et Cours de l’Atrium.

Cette résidence pour personnes âgées a compté jusqu’à un certain un moment une quinzaine de personnes atteintes de la COVID-19 parmi les résidents souffrant de problèmes cognitifs et les employés.

« Au début de la pandémie, j’ai pensé beaucoup à moi et à ma famille, et cela a fait du bien », a raconté Pouliot, qui ne possédait aucune expérience dans le milieu de la santé. « Je sortais pelleter le banc de neige afin d’évacuer l’énergie. Je me sentais redevable et j’ai voulu m’impliquer avec le retour des enfants en garderie. »

« Au départ, je ne savais pas à quoi m’attendre, et il y avait des craintes concernant ma famille », de poursuivre Pouliot, qui est en poste depuis le 23 mai.

Entre deux membres de l’équipe de ski alpin du Rouge et Or, Félix Laliberté et Alice Stoll, au début de la dernière saison.
Photo courtoisie
Entre deux membres de l’équipe de ski alpin du Rouge et Or, Félix Laliberté et Alice Stoll, au début de la dernière saison.

« Il y avait beaucoup de stress. Je sortais moins, je me couchais très tôt et j’allais travailler en vélo. Comme dans une épreuve de ski importante, tu veux bien performer, et le critère est de t’assurer d’être en bonne santé. C’était assez spécial de me retrouver avec l’équipement de protection individuel. J’ai été bien coaché par le personnel au niveau de la protection, et, pour la courtoisie et le cœur donnant à l’égard des résidents, ça venait naturellement. »

Travail d’équipe

Avec ses collègue du Chartwell Manoir et des Cours de l’Atrium.
Photo courtoisie
Avec ses collègue du Chartwell Manoir et des Cours de l’Atrium.

Qu’est-ce qui a porté Pouliot à soumettre sa candidature ? « Travailler en équipe pour aider les gens est l’aspect qui m’allumait le plus, a-t-il souligné. Plus jeune, je plantais des arbres et j’ai rencontré ma blonde en vendant des jonquilles pour la Société du cancer. J’ai rencontré plein de gens merveilleux, et ma blonde me trouvait chanceux de vivre une telle expérience. L’effet de communauté m’impressionne. J’ai rencontré plein de gens “surformés” qui étaient prêts à faire n’importe quoi pour aider et qui n’avaient pas d’ego. »

« Je suis un peu mal à l’aise de parler de mon expérience parce que ce n’est pas juste moi, mais des milliers de gens qui ont décidé de s’impliquer, de poursuivre Pouliot. J’ai accepté de parler parce que ça peut encourager d’autres personnes à faire de même. Nous avions toute une équipe. Une équipe comme les Nordiques à leurs belles années. Je ne veux pas faire de politique avec la mort de George Floyd, mais j’ai travaillé avec des gens de plusieurs pays qui font partie de notre société et qui contribuent à son évolution. Des gens de famille et très attentionnés à l’endroit des personnes âgées. »

Pouliot n’a pas vécu de décès. « Il n’y a pas eu de décès sur place, et je n’ai connu aucun résident qui est décédé. Les gens de Chartwell en ont fait l’annonce quand le dernier résident affecté a reçu son deuxième test négatif. J’ai fait de belles rencontres, et ça ouvre les yeux sur la chance que j’ai d’avoir une famille en santé. On organisait des rencontres sur les balcons afin de permettre aux résidents de voir et de parler à leur famille. »

Transféré

Quelques jours après notre entretien alors que la situation au Chartwell Manoir et Cours de l’Atrium était rentrée dans l’ordre, Pouliot a appris qu’il était transféré au CHSLD Le Faubourg.

Il a eu un pincement au cœur de laisser des gens avec qui il avait tissé de bons liens et avec qui il va demeurer en contact.

« Ce fut difficile de ne pas pouvoir saluer les gens qui quittaient, mais on va se retrouver sur les réseaux sociaux et on veut se revoir en juillet quand la situation sera revenue plus à la normale. Nous avons vécu de petits bonheurs et de petites réalisations ensemble. »