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Des organismes incapables de garder et d’attirer des préposés

L’augmentation des salaires accordée en CHSLD les vide de leurs ressources

GEN - MME GAETANE LEFEBVRE AVEC DES RÉSIDENTS
Photo Martin Alarie Gaétane Lefebvre, directrice de l’organisme La Maison d’à côté, à Joliette, ne sait plus quoi faire pour attirer de nouveaux préposés depuis que le gouvernement offre un salaire qui défie toute concurrence dans les CHSLD.

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Incapables d’égaler le salaire de 26 $ de l’heure offert aux futurs préposés, des organismes communautaires qui offrent des services à des personnes ayant un handicap perdent de nombreux employés et craignent de ne plus pouvoir embaucher du personnel qualifié.

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« On tient à bout de bras nos organismes, les répercussions, on les vit déjà. Dès l’annonce du gouvernement, on a eu deux démissions d’employés partis en CHSLD », raconte Gaétane Lefebvre, directrice de La Maison d’à côté, qui offre des services en hébergement pour personnes handicapées à Joliette.

Depuis que le premier ministre François Legault a augmenté les honoraires des préposés qui œuvrent dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), la situation devient difficile pour de nombreux organismes communautaires. Et pour cause, de nombreux salariés démissionnent pour gagner un meilleur salaire en travaillant dans les résidences.

Prime de 4 $ 

À La Maison d’à côté, les préposés aux bénéficiaires sans diplôme commencent à 14 $ l’heure et à 14,5 $ l’heure pour un diplômé. 

Pour tenter de garder son personnel pendant la crise, l’administration de l’organisme a aussi octroyé une prime de 4 $ l’heure temporairement, sans savoir pour autant si le gouvernement va les rembourser, indique Mme Lefebvre. Mais malgré cela, plusieurs quittent leur poste. 

Comme Mme Lefebvre, Annie Lemay, directrice de l’organisme Les Amandiers, qui offre des logements adaptés à Repentigny, voit également son personnel partir, parfois même du personnel là depuis près de dix ans. 

Pour elle, la situation devient extrêmement difficile. 

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« Avant la crise, on avait déjà quatre postes vacants, mais aujourd’hui, je suis à moins neuf employés. Là, on en vient à se dire qu’il va falloir qu’on ferme nos portes », soutient-elle.

Attirer les employés

À cause de l’offre du gouvernement, les deux directrices ne savent pas comment elles vont pouvoir attirer de nouveaux préposés. Pour elles, l’État doit agir rapidement pour que les personnes qu’elles servent puissent garder leur autonomie et leur vie. « Il faut des actions concrètes, il faut que Québec octroie une augmentation récurrente de la subvention pour que l’on puisse aussi offrir des salaires concurrentiels », soutient Mme Lefebvre.

Annie Lemay abonde dans le même sens. « Ce n’est plus juste une question d’argent, il faut qu’on trouve les gens qui vont vouloir venir travailler avec nous, et on ne sait plus comment faire. C’est insensé que tous les préposés n’aient pas des salaires similaires », déplore la directrice des Amandiers.

Les deux femmes s’accordent pour dire que Québec ne doit pas seulement donner une enveloppe, « mais des montants récurrents, et à la même hauteur que ce qui est donné aux CHSLD ».