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Des travailleurs incrédules face au coronavirus

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« Je ne fais pas confiance au gouvernement. Il y a trop de corruption », lance Ivan Aguilar Rosales qui habite Toluca en banlieue de Mexico.

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Au Mexique, la COVID-19 a fait 21 825 morts, faisant du pays le deuxième plus touché en Amérique latine, tout juste derrière le Brésil. Le sous-secrétaire à la Santé prévoit que le bilan atteindra la barre des 30 000 décès. 

Ces données peu encourageantes n’ont pas su convaincre certains des ouvriers étrangers de la gravité de la pandémie. 

Sceptiques

Roman Martin Jimenez, qui travaille à la ferme Primera près de Joliette depuis 14 ans, était l’un des sceptiques. 

Lorsqu’il est arrivé au pays en avril, le sérieux avec lequel les mesures sanitaires sont mises en place l’a fait changer d’avis. Il a écrit à sa famille restée à Cuyuaco, un village de 1500 habitants dans l’État de Puebla, pour la mettre en garde et lui expliquer de respecter la distanciation physique. 

De son côté, Ines Tehuintle Chipahua, un autre employé de la ferme Primera, prenait ce qu’il désigne comme « le virus » plus au sérieux. Ses enfants demeurent dans l’État de Veracruz et ne vont plus à l’école depuis plusieurs semaines. Séparé d’eux pour six mois, il est inquiet. 

« Je les appelle souvent », dit-il.

Éviter une éclosion

Les fermes doivent aussi suivre des règles sanitaires strictes. Les employés étrangers temporaires ont dû observer une quarantaine de 14 jours en arrivant au Canada. 

Cette année, certains agriculteurs souhaitaient leur interdire de sortir de leur lieu de travail. Cette proposition a été jugée contraire à la Charte des droits et libertés par le Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec. 

Le propriétaire de la ferme Primera, Mario Rondeau, demande aux employés mexicains de limiter leurs sorties si elles ne sont pas essentielles. 

« S’il y en a un qui va au dépanneur par exemple, je lui demande de sonder les autres pour savoir s’ils ont aussi besoin de quelque chose », explique-t-il. 

De plus, les employés qui entrent dans les bâtiments agricoles doivent se laver les mains, porter le masque qui leur a été fourni (mais il n’est pas obligatoire à l’extérieur si la distanciation est respectée). 

Une éclosion à la ferme serait un véritable désastre. 

« S’il y en a un qui tombe, nous tombons tous. Ça mettrait un terme à la récolte », conclut M. Rondeau.