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Hydro-Québec paie 15,4 M$ pour un bâtiment à démolir

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Hydro-Québec vient de consacrer 15,4 millions $ à l’achat d’un édifice manufacturier situé à Montréal, soit près de deux fois et demie la valeur foncière. Une « prime » qui étonne plusieurs observateurs.

La société d’État a mis la main la semaine dernière sur le 6125-6135, chemin de la Côte-de-Liesse, dont l’évaluation foncière est de 6,6 millions $.

La propriété détenue par le fondateur des boutiques Jacob, Joseph Basmaji, est située juste à côté du poste Laurent d’Hydro-Québec. Elle sera rasée pour assurer la mise à niveau et l’expansion de celui-ci, à partir de 2023.

La transaction ne présente rien d’inhabituel... si ce n’est l’écart entre le prix payé et la valeur foncière. 

Pas de bon sens

« On voit souvent des écarts de 20 %, voire de 30 % entre la valeur foncière et le prix de vente. Mais payer deux fois et demie les valeurs au rôle d’évaluation ? C’est excessif », observe le courtier immobilier Roch Boily. 

« Personne d’autre qu’Hydro-Québec aurait payé 15 millions $ pour ce bâtiment-là », poursuit-il. Un prix d’achat avoisinant les 9 millions $ aurait été plus « raisonnable », selon lui. 

Une opinion partagée en partie par l’évaluateur agréé Christian-Pierre Côté, PDG de Côté Mercier Conseil immobilier. 

« Si je regarde le terrain, ça m’apparaît cher, mais ça ne veut pas dire que le prix d’acquisition est injuste pour autant. Mais la valeur au pied carré est nettement supérieure aux valeurs des terrains industriels qu’on constate dans ce secteur. »

Hydro « à l’aise » avec le prix

Quoi qu’il en soit, le directeur des propriétés immobilières d’Hydro-Québec, Patrick Rioux, se dit « à l’aise » avec le prix payé pour le bâtiment, situé à deux pas du magasin IKEA de Montréal.  

« C’est un terrain industriel d’une belle superficie. On a regardé la valeur marchande. On a fait nos calculs nous-mêmes en tenant compte des travaux qu’on doit réaliser [au poste Laurent]. » L’entreprise à numéro appartenant à M. Basmaji aurait proposé un prix de vente de 18 millions $, dit-il, soit trois fois la valeur foncière.

« Nous, on pense que c’est un prix raisonnable », insiste-t-il. 

Une fois l’édifice rasé, Hydro procédera à partir de 2023 à la mise à niveau du poste Laurent, qui s’inscrit dans le cadre d’un plus vaste projet pour moderniser le réseau entre les arrondissements montréalais de Saint-Laurent et de LaSalle, dont les équipements sont vieillissants.