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Nouvelle attaque à la roquette à Bagdad, la 6e en deux semaines

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BAGDAD | Une roquette a de nouveau frappé lundi l’aéroport de Bagdad, actuellement fermé pour cause de COVID-19 et où sont postés des soldats américains, la sixième attaque de ce type en deux semaines, a indiqué l’armée irakienne. 

« Ce tir n’a fait aucune victime ni dégât », a précisé l’armée dans un communiqué.

Comme la plupart des précédents, ces tirs n’ont pas été revendiqués, même si Washington pointe du doigt les pro-Iran. Des groupuscules obscurs ont revendiqué certaines attaques, des faux-nez des factions armées pro-Iran, selon les experts.

Depuis le 8 juin, c’est la troisième attaque contre l’aéroport, dans l’enceinte duquel se trouve une immense base militaire irakienne abritant des troupes américaines.

Deux autres attaques ont visé les abords de l’ambassade américaine et des roquettes se sont également abattues sur la base de Taji, au nord de Bagdad, qui héberge également des troupes de Washington.

Signe que la situation inquiète en plus haut lieu, le Premier ministre Moustafa al-Kazimi a même récemment dédié un Conseil de sécurité — conseil des ministres réduit — à la question des tirs de roquettes, promettant de faire rendre des comptes aux auteurs, qui toutefois n’ont jusqu’ici jamais été appréhendés.

Au moins 33 attaques ont visé soldats ou diplomates américains en Irak depuis octobre 2019.

Les tensions entre Washington et Téhéran, ennemis jurés qui se disputent l’influence en Irak, ont dégénéré ces derniers mois et l’assassinat début janvier du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien à Bagdad a failli donner lieu à un conflit ouvert.

Depuis, l’Irak s’est doté d’un nouveau gouvernement, qui passe pour plus proaméricain, et les tirs de roquettes — qui ont tué trois Américains et un Britannique ces derniers mois — ont connu une accalmie.

La reprise récente des tirs coïncide avec le lancement le 11 juin d’un « dialogue stratégique » censé redéfinir la coopération entre Bagdad et Washington, mais dont les experts disent ne pas espérer de grands résultats.

Les soldats américains, qui étaient 5 200 l’année dernière avant des retraits de plusieurs centaines d’entre eux en raison des roquettes et du nouveau coronavirus, sont sous le coup d’une décision d’expulsion votée par le Parlement irakien, mais jamais mise en application par le gouvernement.