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Quelle pandémie?

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C’est ce qu’un journaliste s’est fait répondre, alors qu’il cherchait à savoir si le manque de distanciation n’était pas un peu angoissant sur une plage où les gens s’entassaient pour profiter du soleil.

Exit la pandémie! Mieux encore, elle n’a peut-être jamais existé, si on en juge par un certain laisser-aller général qui s’installe.

La pensée magique a de nombreux adeptes. Ce samedi, à Tulsa, au grand rallye de campagne électorale du Joker bleaché, la majorité des participants ne portaient pas de masque, ne semblant pas préoccupés par ce coronavirus. 

L’idée de se retrouver au milieu d’une foule, à moins d’un mètre les uns des autres, n’a pas paru refroidir l’ardeur des partisans.

Et ce, même si quelques-uns des organisateurs de l’événement ont été déclarés positifs à la COVID-19 .

Un bon républicain venu assister à cette célébration de la bêtise crasse a avoué candidement que l’un de ses proches était décédé de la COVID, que l’épouse de ce dernier était sous respirateur et qu’on ignorait encore si elle allait s’en tirer. Allait-il porter un masque pour autant? Allons donc, si on doit être atteint... À quoi bon s’en faire?

La médaille revient toutefois à notre Joker enfariné, que toute cette pandémie contrarie au plus haut point.

Selon sa logique implacable, si le nombre de cas augmente c’est parce qu’on procède à beaucoup trop de tests de dépistage! Pourquoi diable faire autant de test? Il a donc exhorté tous les exaltés du diagnostic du pays à se calmer sur le tampon et l’écouvillon. Arrêtez de tester et nous aurons beaucoup moins de cas! s’est-il écrié du haut de sa tribune.

Le docteur Fauci doit avoir verdi de deux tons, le regard halluciné sur son écran.

On ne les voit plus beaucoup lui et sa collègue, la docteure Birx, faisant de la figuration intelligente derrière «the Donald». 

S’ils n’ont pas été officiellement limogés, tout porte à croire qu’ils ont été priés de la mettre en veilleuse...

Au fond, n’est-ce pas ce à quoi nous aspirons tous, mettre cette pandémie en mode veille?

Oublier cet épisode funeste de nos vies, croire qu’il est à jamais derrière nous. 

Profiter de l’été, des beaux jours, du soleil, de la plage, des terrasses.

Ah, retrouver notre vie d’avant! Une chimère qui met le vent dans les voiles de notre insouciance...

Quelle pandémie?