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Le Groupe BMR tourne le dos aux GAFAM

Il s’engage à dépenser 95 % de son budget de pub ici

GEN - PASCAL HOULE PGG DE BMR
Photo Martin Alarie Au-delà des sommes, c’est tout un mouvement de reconstruction de l’économie d’ici que Pascal Houle, le chef de la direction de BMR, souhaiterait voir prendre forme.

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Dans un geste fort qu’il souhaiterait voir imité par bien d’autres, le Groupe BMR tourne le dos aux géants du web et s’engage à consacrer dorénavant 95 % de ses investissements promotionnels dans des médias d’ici.

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« Travailler avec les entreprises de chez nous fait partie de notre ADN. Mais en ces temps difficiles, nous pensions qu’il fallait faire plus, dit le chef de la direction de BMR, Pascal Houle. Plus que jamais, la santé globale de nos communautés en dépend. »

La filiale de Sollio Groupe Coopératif compte 300 magasins au pays. Dans le cadre de ses activités, elle investit quelque 10 millions de dollars par année dans les médias, sous forme de publicités ou promotions en tout genre.

Aujourd’hui, ces investissements se font sur une multitude de plateformes, traditionnelles certes, mais aussi de plus en plus numériques. Or, les études démontrent que 74 % de ces sommes investies dans le numérique par les entreprises d’ici profitent d’abord aux géants du web. 

De son côté, BMR admet que 40 % de ses dépenses numériques des dernières années ont profité aux plateformes américaines des GAFAM. C’est cette tendance que BMR prend l’engagement de renverser.

« Nous continuerons d’avoir une page Facebook, explique M. Houle. Ne pas y être ne serait pas intelligent. Mais nous n’investirons plus d’argent dans ces entreprises. Cet argent, nous voulons qu’il profite aux médias d’ici, qui créent des emplois ici. »

Ne rien changer plus risqué

Les journaux et autres médias d’ici devraient donc pouvoir profiter de ce changement de cap de BMR. Mais au-delà, c’est tout un mouvement de reconstruction de l’économie d’ici que Pascal Houle souhaiterait voir prendre forme.

BMR ne craint pas de conséquences négatives de sa décision. 

« Il y a toujours un risque, reconnaît son v.-p. marketing et stratégie numérique, Jonathan Gendreau. Mais le risque le plus grand, de notre point de vue, serait de continuer d’investir dans des entreprises d’ailleurs, sans nous soucier du sort de celles qui nous entourent et forment l’économie de chez nous. »