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L’occasion manquée

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Le Journal s’est fait professeur d’histoire, ces derniers jours, en rappelant les 30 ans de l’échec de l’accord du lac Meech.

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On s’en souvient, par cet accord, le Québec devait enfin trouver sa place dans l’ordre constitutionnel canadien, dont il avait été exclu en 1982.

Le Québec devait voir sa reconnaissance assurée en tant que société distincte. Il obtenait ainsi un statut particulier dans la fédération. Une fois signé, l’accord du lac Meech offrait une base pour négocier un nouveau partage des pouvoirs.

Bourassa

Mais on le sait, rien de tout cela n’est arrivé, et l’accord du lac Meech y a sombré. La révolution trudeauiste avait parachevé la transformation du Canada en pays mentalement unitaire. La différence du Québec passait désormais pour une forme de suprémacisme ethnique.

Les années qui suivirent furent celles d’un resurgissement du nationalisme. Les Québécois semblaient comprendre enfin que leur destin était de prendre en main leurs destinées.

Même le Parti libéral en vint à flirter avec l’indépendance. Il suffit de relire le rapport Allaire pour s’en convaincre.

Si Robert Bourassa, à ce moment, avait tenu un référendum sur l’indépendance, le Oui aurait obtenu au moins 60 %, peut-être même 65 %. Il y a pensé. Mais il ne l’a pas fait. Il avait trop peur. Il était miné par le complexe du colonisé.

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Cinq ans plus tard, Jacques Parizeau, allié avec Lucien Bouchard, parvenait à tenir un référendum sur l’indépendance. Il a touché la victoire du bout des doigts. Il a néanmoins échoué. La fenêtre historique s’était refermée.

Cette défaite a fait mal.

Défaite

Nous avons intériorisé le regard méprisant du Canada sur nous-mêmes. La jeune génération est dominée par un discours culpabilisateur. La démographie joue désormais contre les Québécois francophones qui deviennent étrangers chez eux. Le Canada nous colonise mentalement comme jamais.

Un peuple ne gâche pas ses occasions historiques sans en payer le prix.