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«Si tu as besoin d’un vélo, ça commence à être loin»

GEN-COVID-19
Photo d'archives, Agence QMI

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Personne en ville ne devrait marcher plus d’un demi-kilomètre pour trouver ce qu’il faut pour vivre. La querelle du vélo contre l’auto nous fait oublier que, pour l’essentiel de ses commissions, un citadin ne devrait avoir besoin ni de l’un ni de l’autre. 

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J’habite dans un village et, depuis l’épidémie, je n’en sors à peu près plus. C’est situé dans Montréal, en pleine ville, dans un quartier réputé populaire. Par ici, les voitures servent peu. Normalement, même pas besoin de vélo. Tout se marche.

Si je dois enfourcher un BIXI ces derniers temps, j’ai l’impression de partir à l’étranger. Je me sens aventureux d’aller à la SAQ à un kilomètre de chez moi comme si c’était un voyage.

Village en ville

À part pour voir des amis ou réaliser des entrevues, pourquoi sortirais-je de mon village? À 100 mètres: une quincaillerie. À 140 mètres: une pharmacie. À 240 mètres: un supermarché et une petite épicerie fine. Au coin de la rue: une fruiterie fait face à un épicier-traiteur marocain. À moins de cinq minutes de marche: huit dépanneurs, dont certains spécialisés dans les bières rares, trois écoles primaires, une école secondaire, un parc avec de magnifiques jeux d’eau, des cliniques dentaires, un comptoir postal, un guichet Desjardins, des restaurants, etc. Mon fils fréquente une garderie à 100 mètres de chez lui qui accueille presque seulement des enfants qui n’habitent pas sensiblement plus loin. 

Si toutefois je veux me procurer quelque chose au marché de Maisonneuve à 650 m de chez moi, là, j’ai tendance à utiliser un BIXI... Ce lieu ne fait donc plus vraiment partie de mon voisinage immédiat. Voilà un bon principe de base pour humaniser la ville: «Si tu as besoin d’un vélo pour t’y rendre, ça commence à être loin.» 

Montréalais heureux

De tout ce que je viens de dire ci-dessus découle une évidence: lorsqu’il s’agit de nos courses au jour le jour, mes voisins et moi ne participons pas outre mesure au phénomène de la congestion urbaine ou à la «chaise musicale» du stationnement. 

Que tout soit accessible à pied et la question du trafic est pratiquement résolue. Laissons fleurir les commerces de proximité (sans les agresser avec des taxes ou les achever par des travaux interminables) et les «villages» comme le mien se multiplieront. Quelque chose me dit que moins les Montréalais auront à se déplacer, plus ils seront heureux.