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Manque de civisme au Mont-Saint-Bruno

De nombreux randonneurs abandonnent leurs déchets

Suzanne Brossard
Photo Nora T. Lamontagne Suzanne Brossard qui réside à l’intérieur du parc national du Mont-Saint-Bruno est découragée de constater autant de déchets éparpillés sur le sol.

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Des bacs de recyclage qui débordent accueillent les visiteurs à l’entrée du parc le plus populaire de la Sépaq, déplore une résidente excédée par le manque de civisme de certains visiteurs.

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« Mon petit-fils me dit souvent “regarde, grand-maman, c’est sale” », témoigne Suzanne Brossard, qui habite l’une des sept propriétés situées à l’intérieur même du parc national du Mont-Saint-Bruno. « On se croirait dans une favela », ironise-t-elle. 

Bouteilles et excréments

En effet, au passage du Journal de Montréal, de nombreux déchets, des caisses de bière et des bouteilles d’eau jonchaient le sol autour des bacs de recyclage prévus pour les résidents permanents du parc, à l’entrée du chemin du Lac-Seigneurial. Plusieurs marcheurs s’étaient départis de restants de pique-nique et d’excréments de chiens. Plus loin, d’autres détritus avaient été soufflés par le vent ou grignotés par des animaux du coin. 

Pour Donald Rodrigue, un retraité autrefois responsable de la conservation du parc du Mont-Saint-Bruno, la Sépaq néglige ses responsabilités. « La conservation du parc est en chute libre », croit-il. 

Pour sa part, Denyse Durocher, rencontrée après une randonnée, avait elle aussi remarqué la malpropreté aux alentours des bacs. « Pourtant, c’est la base : quand tu pars dans la nature, tu ramènes tes déchets », dit-elle. 

Résidente du parc depuis 52 ans, Mme Brossard dit n’avoir jamais connu un tel débordement. « Le parc est surfréquenté. Ils sont dépassés. »

Elle craint que le déconfinement et la plus récente promotion de la Sépaq, qui a offert 140 000 cartes d’accès annuel à moitié prix, empirent la situation. Bon an, mal an, le parc du Mont-Saint-Bruno accueille près d’un million de visiteurs.

Une responsabilité partagée

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville assure normalement la collecte des matières résiduelles des sept propriétaires qui habitent le parc. Cependant, les visiteurs jettent tellement de déchets dans le bac individuel de Mme Brossard qu’il n’y a plus d’espace pour ses propres matières recyclables.   

Partout ailleurs dans le parc, c’est la Sépaq qui gère les déchets. Bien que l’espace vert compte plusieurs poubelles, la résidente souhaiterait que l’organisme en rajoute pour encourager les visiteurs à disposer de leurs déchets de manière responsable.

« Autant la Ville que la Sépaq doivent prendre leurs responsabilités pour que le parc reste propre », admet Ludovic Grisé Farand, conseiller municipal du district 4 de Saint-Bruno-de-Montarville. Au fait de la situation, il en a informé le directeur général de la Ville. La Sépaq n’a pas rendu notre appel.

  • Écoutez l'entrevue de Marcel Poiré, co-fondateur de l’organisme PurNat qui nettoie des dépotoirs illégaux, de passage à QUB radio: