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Brésil: vers une privatisation du traitement des eaux

Brésil: vers une privatisation du traitement des eaux
AFP

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Le Sénat du Brésil a approuvé mercredi soir une loi ouvrant la voie à une privatisation des services de traitement des eaux, dans un pays où 35 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. 

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Cette loi, qui doit être promulguée par le président Jair Bolsonaro, concerne également le traitement des eaux usées, 100 millions de personnes (soit près de la moitié de la population) étant privées du tout-à-l’égout.

Les sénateurs l’ont approuvée à une très large majorité de 65 votes pour et 13 contre. Elle avait déjà passé le crible de la Chambre des députés en décembre.

Outre l’amélioration de services très précaires dans ce pays aux dimensions continentales, l’objectif est d’attirer de nouveaux investissements privés pour relancer l’économie et créer des emplois.

Mais l’opposition craint que la privatisation de ces services essentiels aille à l’encontre des intérêts de la population, de nombreux pays et villes qui ont choisi cette voie l’ayant regretté par la suite.

«Près de la moitié de la population n’a pas accès aux services les plus basiques de traitement d’eau. Ils ont accès au signal de téléphone mobile, mais ils continuent à patauger dans des égouts à ciel ouvert», a argumenté le rapporteur du projet de loi, Tasso Jereissati, du parti de centre droit PSDB.

Le texte prévoit que l’ensemble de la population devra bénéficier d’eau potable et du tout-à-l’égout d’ici 2033.

Le gouvernement estime que 700 milliards de reais (environ 118 milliards d’euros) d’investissements seront nécessaires pour atteindre cet objectif.

Les règles en vigueur actuellement autorisent seulement des partenariats public-privé pour le traitement des eaux, avec des investissements restreints en raison d’un plafond limitant les dépenses publiques.

La nouvelle loi a été votée, alors que la pandémie de coronavirus a mis en évidence l’importance de l’accès à l’eau courante.

Le Brésil est le deuxième pays le plus touché par la COVID-19 après les États-Unis et les plus pauvres sont souvent privés d’un des moyens de prévention les plus efficaces: se laver les mains régulièrement.

Le traitement des eaux est l’un des derniers grands secteurs d’infrastructure du Brésil n'ayant pas encore été privatisés.

Le gouvernement Bolsonaro a fait de cette loi l’une de ses priorités dans le cadre de sa politique économique ultralibérale prévoyant une cure d’austérité et un vaste plan de privatisations.