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Canadiens détenus en Chine: Face à la pression montante, Trudeau persiste et signe

Canadiens détenus en Chine: Face à la pression montante, Trudeau persiste et signe
AFP

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Le premier ministre Justin Trudeau a catégoriquement écarté, jeudi, un nouvel appel à mettre fin à la procédure d'extradition de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, pour obtenir la libération des deux Canadiens détenus en Chine depuis plus de 500 jours, Michael Kovrig et Michael Spavor.

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« Libérer Meng Wangzhou pour résoudre un problème à court terme mettrait en danger des milliers de Canadiens qui voyagent en Chine et à travers le monde en indiquant que c’est possible qu’un gouvernement ait une influence politique sur le Canada en arrêtant des Canadiens de façon aléatoire », a-t-il tranché durant un point de presse devant sa résidence de Rideau Cottage, à Ottawa.

C’est ainsi qu’il a réagi à une lettre signée par près d’une vingtaine d’ex-diplomates, anciens ministres et juristes l’exhortant à mettre un terme aux démarches d’extradition de Mme Meng vers les États-Unis.

« Nous pensons que les deux Michael resteront dans leurs cellules de prison en Chine tant que Mme Meng ne sera pas libre de retourner en Chine », écrivent les auteurs de la lettre, soutenus par la famille de Michael Kovrig. Les ex-ministres des Affaires étrangères et de la Justice, Lawrence Cannon et Allan Rock, sont parmi les 19 signataires.

« Je suis totalement en désaccord avec ces Canadiens distingués », a rétorqué M. Trudeau tout en disant respecter leur «implication ».

Le chef conservateur Andrew Scheer a aussi rejeté la proposition de la lettre, en point de presse en Sasktachewan. Il a du même souffle sauté sur l’occasion pour critiquer le chef libéral.

«Si nous nous trouvions dans un contexte où Justin Trudeau avait essayé plusieurs choses comme retirer notre argent de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures [...] et que rien n’avait donné de résultats, je comprendrais au moins pourquoi cette conversation commencerait à survenir », a-t-il lancé.

La détention de Michael Kovrig, ancien diplomate auparavant en poste à Pékin, et du consultant et homme d'affaires Michael Spavor, spécialiste de la Corée du Nord, est perçue par le Canada comme une mesure de représailles, ce que la Chine dément formellement. Ils sont emprisonnés dans des conditions très difficiles, en partie en isolement ou dans des cellules très étroites avec très peu d’heures par mois à l’extérieur.

En liberté surveillée dans son logement de Vancouver pendant la procédure d'extradition, qui peut durer plusieurs années, Mme Meng est accusée par Washington d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran dans le cadre d'une fraude bancaire. Pékin n'a cessé d'appeler Ottawa à la libérer.

-Avec l'AFP