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Coronavirus: branle-bas sanitaire pour tenter de contenir l’épidémie en Guyane

Coronavirus: branle-bas sanitaire pour tenter de contenir l’épidémie en Guyane
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Face à une épidémie de COVID-19 galopante qui devrait atteindre son pic à la mi-juillet en Guyane, le branle-bas de combat sanitaire s’organise pour tenter d’éviter la saturation du système hospitalier de ce territoire français d’Amérique du Sud, sur lequel plane la menace d’un reconfinement.

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Alors que la ministre française des Outre-mer, Annick Girardin, a achevé mercredi soir un déplacement de 48 heures sur place et promis des renforts en homme et en matériel, le ministère des Armées a annoncé jeudi l’envoi vendredi d’un Airbus A400M pour permettre des évacuations de malades du coronavirus vers des hôpitaux de Guadeloupe et Martinique, dans les Antilles françaises.

Depuis lundi, déjà six évacuations sanitaires ont eu lieu vers les Antilles, en avion de transport militaire.

Le gouvernement prévoit aussi de procéder « à des évacuations sanitaires vers (la métropole) de cas non-COVID pour soulager les hôpitaux guyanais », a précisé Annick Girardin à Cayenne.

Le virus circule de manière « particulièrement active » en Guyane, où les autorités sanitaires « sont mobilisées pour ralentir la propagation de l’épidémie, briser les chaînes de contamination et freiner l’engorgement des services de soin », a souligné jeudi à Paris la Direction générale de la santé (DGS) dans son communiqué.

La Guyane comptait mercredi (derniers chiffres communiqués) 2827 cas confirmés (+234 cas en 24 heures), 103 hospitalisations, 15 patients en réanimation et 9 décès.

« On double le nombre de cas chaque semaine », a averti Annick Girardin, et le pic de l’épidémie, dans ce territoire d’outre-mer de 300 000 habitants, sous état d’urgence sanitaire jusqu’à fin octobre, est prévu pour « la mi-juillet ».

Alors que le gouvernement a clairement mis sur la table dimanche, au vu de l’évolution de l’épidémie, un possible reconfinement de la Guyane, la ministre a émis des réserves sur cette option, sans toutefois l’exclure.

Le « reconfinement est la mesure qui nous permettrait de freiner le plus fortement la progression du virus à condition que la population l’accepte et le mette en œuvre, ce qui n’est pas certain », a-t-elle déclaré, évoquant les difficultés d’une telle mesure pour la population précaire qui vit dans les nombreux « habitats informels ».

« C’est aussi une mesure lourde de sens, qui pourrait empêcher de nombreux Guyanais de travailler et d’assurer la subsistance de leurs familles. Le coût social de cette mesure ne doit pas être sous-estimé », a ajouté la ministre.

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Appel à volontaires

Pour freiner l’épidémie et désengorger les services hospitaliers, des renforts humains et matériels sont arrivés, dont un hôpital de campagne à Cayenne pour les cas non-Covid, en cours d’installation jeudi.

Alors que l’hôpital de Cayenne ne dispose pour l’heure que de 16 lits COVID-19 de réanimation, les capacités vont être augmentées avec « une deuxième tranche de 15 lits supplémentaires, puis une troisième tranche de 15 lits, lorsque nous en aurons besoin », a précisé Mme Girardin.

Elle a aussi appelé les Guyanais à respecter davantage les gestes barrières et le port du masque - le préfet a déploré à plusieurs reprises des fêtes et regroupements de plusieurs dizaines voire centaines de personnes-, et invité ce dernier à durcir les couvre-feux déjà en vigueur.

L’idée est aussi à ce stade de « privilégier un confinement ciblé », comme ceux de Saint-Georges de l’Oyapock et Camopi, à la frontière brésilienne, ou dans un quartier de Rémire-Monjoly.

« Les renforts annoncés par la ministre nous permettent de gagner quelques jours sur la décision de reconfinement », a reconnu le président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre qui réclame cependant toujours le déploiement de structures spéciales.

Un collectif, composé des principales forces militantes, syndicales et politiques à l’origine d’un grand mouvement social en 2017, qui « alerte depuis mars » sur la situation, réclame lui aussi des mesures supplémentaires.