/news/coronavirus
Navigation

Dernière mise à jour :

Suivez les derniers développements
Voir les derniers chiffres >

Québec

Nombre de cas

Canada

Nombre de cas

Monde

Nombre de cas

Décès

COVID-19: des essais sur deux traitements prometteurs à l’Université Laval

Le Dr Alexis Turgeon, intensiviste, chercheur du CHU de Québec-Université Laval (CHU) et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, a reçu un financement de près de 2,2 millions de $ pour mener à bien les essais.
Photo d'archives Benoit Gariepy Le Dr Alexis Turgeon, intensiviste, chercheur du CHU de Québec-Université Laval (CHU) et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, a reçu un financement de près de 2,2 millions de $ pour mener à bien les essais.

Coup d'oeil sur cet article

Un médecin de l’Université Laval dirigera des essais à l’échelle internationale sur deux traitements contre la COVID-19 qu’il qualifie de très prometteurs.

• À lire aussi: COVID-19: 7 nouveaux décès et 142 cas supplémentaires au Québec

• À lire aussi: COVID-19: feu vert pour les casinos et les salons de jeux de Loto-Québec

Le Dr Alexis Turgeon, intensiviste du CHU de Québec-Université Laval (CHU) et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, est le chercheur principal de cette étude qui sera menée ailleurs au Canada, mais aussi en Angleterre, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Il a reçu un financement de près de 2,2 millions de dollars des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

«Ce que les IRSC veulent, c’est de trouver des interventions qui fonctionnent. Ils ont financé les équipes prêtes à débuter les essais cliniques (...). Nous avons déjà le réseau et l’expertise», dit le Dr Turgeon.

«Les deux essais cliniques font partie d’une plate-forme (internationale) qui s’appelle Remap-Cap, développée après le H1N1, dans le contexte d’une pandémie future, a ajouté M. Turgeon. Lorsque la pandémie (de coronavirus) est arrivée, nous avons développé des interventions potentiellement efficaces. Dans les derniers mois, avec mes collègues au Canada, nous nous sommes concentrés sur les deux interventions les plus prometteuses pour le traitement de la COVID-19, le plasma de convalescents et les anticoagulants.»

«Les patients qui ont guéri de la COVID-19 ont des anticorps. Leur plasma (recueilli par Héma-Québec) sera donné aux malades. C’est comme si on donnait des anticorps qui seraient produits par des vaccins.»

Les anticoagulants, qui éclaircissent le sang, serviront à éliminer les caillots dans les petits vaisseaux, qui causent de nombreuses complications chez certains malades.

«Les deux interventions sont complètement différentes. Ces deux interventions ne sont pas coûteuses, elles existent déjà et on connaît leurs effets secondaires.»

Le protocole

Les essais seront conduits sur les personnes gravement malades sous respirateur qui ont un taux de mortalité de 40 à 50%.

La participation à l’étude est déjà offerte pour les anticoagulants à tous les malades de la COVID-19 hospitalisés aux soins intensifs au Canada qui n’ont pas de critères d’exclusion. Pour le plasma, elle le sera dans quelques jours.

Un malade sur deux, au hasard, recevra un des deux traitements ou les deux. L’autre moitié n’en recevra pas et servira de groupe témoin pour évaluer l’efficacité du traitement.

«Vous avez vu le scandale avec l’hydroxycloroquine avec les pressions politiques de gens qui y croyaient tellement. Il faut étudier les interventions de manière adéquate. Même si ça tombe sous le sens que ça (nos traitements) doit marcher, il faut les étudier avant de les utiliser de manière élargie. Si on avait fait ça en Chine et un peu plus tôt dans d’autres pays, on aurait déjà des réponses», estime le Dr Turgeon.

Le célèbre Dr Raoult notamment défendait l’efficacité de l’hydroxycloroquine, même si ces essais ne comportaient aucun groupe témoin. Depuis, l’inefficacité du produit a été démontrée.

Si l’efficacité du plasma est actuellement étudiée ailleurs dans le monde, l’équipe du Dr Turgeon est la seule à le faire sur des malades sévères.

Les résultats

Ce n’est pas une question de temps, mais le nombre de patients qui déterminera la fin de l’étude. Il faut environ 800 malades à l’échelle internationale.

«J’espère que dans six ou neuf mois nous aurons une réponse. Si la deuxième vague est aussi importante que la première, c’est certain que ça va être assez rapide.»

«Si je vous disais que je n’y croyais pas et que l’hypothèse ne tombait pas sous le sens, nos collègues à travers le monde ne mettraient pas du temps et de l’énergie dans cette étude. Mais on ne donne pas du détergent aux gens parce que ça tue le microbe sur les surfaces. Parfois, ça tombe sous le sens et ça peut faire ce qu’on ne croit pas que ça va faire. Des histoires d’horreur dans la médecine, il y en a des tonnes. C’est pour ça qu’il faut l’étudier adéquatement. Mais je suis optimiste», lance-t-il.

Ramer dans le même sens

À la base, le domaine de recherche du Dr Turgeon est les traumatismes craniocérébraux. «Les gouvernements nous ont demandé de focaliser nos recherches sur la COVID. Les gens ont mis leurs énergies vers une seule et même maladie. Il n’y a jamais eu d’efforts comme ça. Il y a une excellente entraide entre les équipes à travers le monde.»

Ces essais seront notamment menés avec le Dr Ryan Zarychanski de l’Université du Manitoba, des chercheurs canadiens du Canadian Critical Care Trials Group, incluant les docteurs François Lauzier, intensiviste, et Lynne Moore, épidémiologiste, au CHU de Québec-Université Laval.

«Je tiens à féliciter le Dr Turgeon et son équipe pour cette importante contribution à l’effort international afin de trouver des traitements efficaces contre la COVID-19. La crise actuelle nous rappelle sans cesse l’importance de la recherche clinique, mais également, le leadership et l’innovation dont font preuve les équipes du centre de recherche du CHU», a dit Martin Beaumont, PDG du CHU de Québec-Université Laval, par voie de communiqué. 

Autres projets

L’Université Laval et le CHU ont aussi annoncé que trois autres professeurs ont obtenu un financement des IRSC.

Louis Flamand, professeur et directeur du Département de microbiologie-infectiologie et d'immunologie, a obtenu des fonds pour l’étude de la réaction inflammatoire.

Les travaux de Marie-Pierre Gagnon, professeure à la Faculté des sciences infirmières, portent eux sur les mesures de santé publique mises en œuvre dans les pays africains francophones en conflit durant la pandémie.

Enfin, un financement a aussi été accordé à Holly Witteman, professeure au Département de médecine familiale et de médecine d'urgence, qui s’intéresse à la création d’outils de communication numérique adaptables.

APPEL À TOUS

Vous avez vaincu la COVID-19? Le Journal est à la recherche de personnes guéries du coronavirus et qui aimeraient témoigner.

Écrivez-nous à scoop@quebecormedia.com

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.