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Il conduit un bus scolaire depuis un demi-siècle

À 79 ans, Noël Dubé n’a pas voulu laisser son volant malgré la COVID-19

À 79 ans, le chauffeur d’autobus scolaire Noël Dubé aime toujours son métier après 50 ans. On le voit lundi, au volant d’un véhicule jaune d’Autobus La Québécoise, dans la Vieille Capitale.
Photo Jean-François Desgagnés À 79 ans, le chauffeur d’autobus scolaire Noël Dubé aime toujours son métier après 50 ans. On le voit lundi, au volant d’un véhicule jaune d’Autobus La Québécoise, dans la Vieille Capitale.

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Noël Dubé, 79 ans, conduit des écoliers à bord de ses autobus jaunes depuis maintenant un demi-siècle. Infatigable, il a tenu ce printemps à faire un retour derrière le volant malgré la COVID-19.

« Il faut que je travaille, sinon je fais des mauvais coups », lance à la blague le sympathique chauffeur, rencontré en début de semaine alors que son employeur s’apprêtait à souligner ses 50 ans de métier.

Éric Mailloux, directeur du transport scolaire chez Autobus La Québécoise, n’en revient pas. « C’est vraiment rare qu’on voie ça. Surtout que dans le transport scolaire, il y a beaucoup de roulement », dit-il.

Son secret

M. Dubé, lui, ne s’imagine pas faire autre chose. Il a commencé à conduire des autobus scolaires en septembre 1970, après avoir travaillé dans le bois comme agent de la faune. 

Au début, il accepte ce boulot proposé par une connaissance pour « améliorer son sort ». Mais il y prend vite goût. 

Son secret ? « Il faut qu’un chauffeur soit compréhensif, patient et qu’il aime les jeunes. Et ça, je l’ai, parce que chez nous, on était 16 enfants », lance-t-il.

Au cours de sa longue carrière, M. Dubé a su consoler des petits de maternelle et imposer la discipline auprès d’adolescents rebelles.

Il se souvient de ce jeune qui avait tailladé la cuirette d’un banc avec un couteau ou encore de ces feuilles blanches qui volaient au vent, lancées à travers les fenêtres de l’autobus par des jeunes du secondaire qui venaient de terminer leur année scolaire.

Traverser modes et époques

À bord de son véhicule, M. Dubé a connu toutes les modes qui ont marqué des générations, des billes aux bébés Bout d’Chou, en passant par les cartes de hockey, les Pokémon et les bracelets fluo. 

« Mais la mode des gilets nombrils en plein hiver, ça, j’ai jamais compris », lance-t-il en riant.

Les années ont passé et les enfants se sont assagis, affirme M. Dubé. « Ils savent quels comportements ils doivent avoir à bord. Et s’il y a un problème, il faut le régler tout de suite. »

La retraite ?

Véritable force de la nature, il n’a jamais manqué une journée de travail en 50 ans, jure-t-il. « C’est pas une petite grippe qui allait m’empêcher de rentrer travailler. »

Après des semaines de confinement ce printemps, M. Dubé a voulu à tout prix reprendre le volant lors du retour à la mi-mai. Son employeur lui a donné un circuit peu achalandé, ne voulant pas trop l’exposer considérant son âge.

« Le premier matin, il m’a appelé pour me dire qu’il n’y avait personne à bord de son autobus. Il avait l’air déçu », lance Éric Mailloux.

Même s’il est « sur le bord » de la retraite, Noël Dubé ne s’est toutefois pas encore décidé. Il pourrait être de retour derrière le volant cet automne, dit-il. « Mon permis est encore bon jusqu’en 2022... »