/opinion/columnists
Navigation

Les Américains sont loin d’avoir aplati la courbe

Coup d'oeil sur cet article

Alors que la pandémie se prolonge et accélère dans les « États rouges », une proportion alarmante d’Américains, leur président en tête, font comme si c’était fini. Ce n’est pas fini.

Avec aujourd’hui près de 125 000 morts, nos voisins du sud sont loin d’avoir aplati la courbe : les cas répertoriés, les hospitalisations et les décès sont en hausse dans la moitié des États.

Le problème est que le virus se multiplie désormais dans des régions où on prend au sérieux un président qui a déjà tourné la page.

Pandémie politique

Aux États-Unis, cette pandémie a de fortes connotations politiques. Dans un pays où tout semble être devenu sujet à divisions partisanes, ce genre de menace collective aurait pu faire exception, mais non. 

L’individualisme, la méfiance envers l’État et le scepticisme envers l’expertise scientifique sont des traits répandus dans la culture américaine qui entravent la lutte au coronavirus. Si les républicains n’ont pas le monopole de ces traits, c’est dans ce parti qu’ils sont les plus prononcés.

Au début, le virus a surtout frappé des régions à prédominance démocrate. Son déplacement vers des régions républicaines complique passablement les choses. Difficile d’appliquer des mesures de distanciation dans un environnement où on croit que ces mesures sont un outil de contrôle social aux mains de bureaucrates malfaisants.

Trump n’aide pas

Encore plus difficile de lutter contre une pandémie quand le chef d’État, motivé par une conception étroite de son intérêt politique personnel, multiplie les gestes qui favorisent la propagation du virus.

On se souvient que Trump a tragiquement retardé les mesures de distanciation sociale en février car il craignait les retombées politiques d’un ralentissement économique. 

Il agit maintenant comme si la pandémie était chose du passé, en tenant des rassemblements intérieurs où des milliers de personnes s’entassent sans protection, en décourageant le port du masque et en déclarant souhaiter une réduction des tests de dépistage parce que l’augmentation du nombre de cas le fait mal paraître.

De mal en pis

C’est loin d’être fini. Alors que les régions où le virus a frappé en premier peinent à s’en sortir, les nouveaux foyers d’infection sont dans des régions où les mesures de contrôle sont très mal perçues et où on accorde foi à l’aveuglement irresponsable du président.

Pour lui, il est impératif que l’économie tourne à plein régime avant l’automne. Cette illusion est sa seule planche de salut politique. 

Trump semble se moquer du décompte des décès. Même si le total des victimes double ou triple, il aura l’indécence de crier victoire. Il compte aussi probablement sur la « providence » pour qu’un vaccin soit approuvé juste avant l’élection par « son » administration, avec ou sans les précautions normalement requises.

Le Québec n’est pas sorti du bois avec la COVID-19, mais s’il y a un pays qui nous montre l’exemple à ne pas suivre, c’est bien celui de Donald Trump.