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Piétonnisation de l'avenue du Mont-Royal: commerçants et citoyens inquiets

Piétonnisation de l'avenue du Mont-Royal: commerçants et citoyens inquiets
PHOTO GUILLAUME PELLETIER/24 HEURES/AGENCE QMI

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La piétonnisation de l’avenue du Mont-Royal sème la grogne chez des résidents et des commerçants du coin, qui doivent composer avec le détournement du trafic automobile. 

Depuis la semaine dernière, la circulation des voitures et des cyclistes est interdite sur Mont-Royal entre l’avenue du Parc et la rue Chapleau.

Conséquence: des véhicules passent dans les rues résidentielles du Plateau pour poursuivre leur chemin.

«Dimanche après-midi, j’ai dû gérer le trafic sur la rue Généreux pendant que les enfants s’amusaient dans la ruelle», explique par exemple Christophe Hohlweg, un père de famille qui habite dans le quartier. Habituellement, seuls les camions de livraison et les résidents du secteur circulent dans cette rue qui débouche sur une ruelle verte.

Depuis la piétonnisation, plusieurs véhicules y passent pour accéder à l'avenue Papineau. M. Hohlweg, qui milite pourtant pour le parti de Valérie Plante depuis plusieurs années, a porté plainte auprès des élus de Projet Montréal la semaine dernière, se disant inquiet pour la sécurité des enfants du quartier qui jouent dans la ruelle. Il souhaite que la circulation automobile, dans cette rue autrefois paisible, se fasse à sens unique, à une vitesse maximale de 10 km/h.

Les commerçants qui reçoivent leurs livraisons dans ces petites rues écopent eux aussi. «Les automobilistes chialent après les livreurs parce qu’ils bloquent la voie, et nous sermonnent qu'ils doivent aller travailler. Nous aussi, on travaille», soupire Marilou Yoshimura-Gagnon, propriétaire de Kyoto Fleurs, qui reçoit ses livraisons par la rue Généreux. La fleuriste déplore d'ailleurs le fait qu'elle n'ait pas eu son mot à dire sur le réaménagement de l’avenue du Mont-Royal.

Le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin, soutient que des changements seront apportés.

«Mardi, il y a eu une visite des différents sites afin de voir les modifications à apporter [pour apaiser la circulation]. Ces mesures seront implantées sur certaines rues parallèles [à l'avenue du Mont-Royal] dans les prochains jours», a-t-il confirmé jeudi.

Ces mesures comprennent notamment l'ajout de dos d'âne, la circulation à sens unique dans certaines rues et plus de signalisation, comme du marquage au sol.

Chiffre d'affaires

Des commerçants de l'avenue du Mont-Royal sont également inquiets. Le copropriétaire de la Boucherie Comtoise, Didier Crucet, est notamment préoccupé par les répercussions sur son chiffre d'affaires. «On s'est réveillés un matin et ça a été fait n'importe comment. On n'a pas été consultés, on n'appelle plus ça une démocratie», s'indigne-t-il.

Environ 30% de la clientèle de M. Crucet venait de l'extérieur de l'arrondissement et se rendait à son commerce en voiture ou en transport en commun, ce qui n'est plus possible. Il croit donc qu'il perdra ces ventes.

Dans les rues perpendiculaires, 250 espaces de stationnement gratuit pendant deux heures ont toutefois été aménagés pour permettre aux clients de se garer le temps de faire leurs courses sur Mont-Royal.

Pour ce qui est de la livraison, les camions peuvent circuler sur Mont-Royal tous les jours de 7h à 11h. «À la demande des commerçants, on peut ajouter des débarcadères de 15 minutes pour la livraison», note également le maire Rabouin.

Les vélos interdits   

La piétonnisation de l'avenue du Mont-Royal signifie aussi qu'on ne peut plus y rouler à vélo.

Lundi midi, plusieurs cyclistes pédalaient pourtant dans l'avenue. Des policiers à vélo ont même été aperçus, défiant les règles de signalisation en vigueur. Le Service de police de la Ville de Montréal confirme toutefois que ses policiers et cadets sont autorisés à circuler à vélo dans cette zone pour appliquer la réglementation.

Interrogé sur la présence des cyclistes dans l'avenue nouvellement piétonne, le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin, rappelle qu'un temps d'adaptation est nécessaire. «La signalisation a été installée lundi. On laisse toujours un temps pour sensibiliser les gens. Éventuellement, les policiers vont appliquer le règlement», explique l'élu de Projet Montréal.

La mairesse de Montréal a dû répondre lundi aux nombreuses critiques sur les nouveaux aménagements faits par la Ville. «Nos élus sont sur le plancher, ils ramassent les informations. Si les gens ont des préoccupations, c'est très bien qu'ils nous les partagent et on va s'ajuster. C'est ça, de l'urbanisme tactique. On ne veut pas créer des problèmes, on veut trouver des solutions», a précisé Valérie Plante.