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Quand le bâtiment ne va (vraiment) pas...

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La COVID-19 a eu un impact catastrophique sur l’industrie québécoise de la construction alors qu’elle a entraîné, en avril dernier, la fermeture de tous les chantiers non essentiels.

De toutes les provinces canadiennes, c’est le Québec qui a subi la plus grosse dégringolade dans l’investissement en construction de bâtiments, tant dans le secteur résidentiel que dans le secteur non résidentiel. 

Par rapport au mois de mars, selon les données compilées par Statistique Canada, l’investissement en construction de bâtiments résidentiels a chuté de 77,6 % au Québec, à comparer à 49,2 % pour l’ensemble du Canada. 

Les deux autres grandes provinces rapportent des baisses inférieures. L’Ontario s’en est tiré avec une baisse de 46,8 %, et la Colombie-Britannique avec un recul de quelque 36,3 %. 

Dans le secteur du bâtiment non résidentiel, à savoir l’industriel, le commercial et l’institutionnel, la chute de l’investissement en construction au Québec est encore plus dramatique. Elle atteint en effet les 86,7 %. 

C’est plus de deux fois la baisse enregistrée dans l’ensemble du pays, laquelle s’élève à 38,8 %. L’Ontario affiche un recul de 52,6 % alors que la Colombie-Britannique réussit, elle, à afficher une hausse de 0,9 % sur le mois de mars. 

DES MILLIARDS PERDUS

La fermeture des chantiers en avril a généré au Québec une baisse d’investissement de 2,4 milliards de dollars par rapport au mois de mars, dont 1,55 milliard de dollars dans le résidentiel et 862 millions de dollars dans le non-résidentiel.

À lui seul, le Québec accapare plus du tiers (34,4 %) de la baisse globale (7 milliards $) des investissements en construction enregistrée dans tout le Canada alors que nous représentons à peine 23 % de la population canadienne. 

À cette importante baisse d’investissement dans la construction s’ajoutent deux autres semaines de paralysie des chantiers de construction.

LA RELANCE

La relance des chantiers de construction a démarré le 11 mai dernier, notamment au Québec. 

Mais il faut être réaliste. Il est impossible de rattraper d’ici la fin de l’année les deux mois de paralysie de plusieurs pans de l’économie. Il ne reste que six mois à courir... en cette désastreuse année 2020. 

C’est pourquoi le ministre des Finances, Éric Girard, a dû, la semaine dernière, réviser en forte baisse ses perspectives économiques pour l’année 2020. 

  • Par rapport à l’année 2019, l’argentier­­­ du gouvernement Legault­­­ prévoit pour 2020 :  
  • Une chute du PIB de 6,5 % 
  • Une perte de 229 000 emplois 
  • Une hausse du taux de chômage à 9,5 % 
  • Une baisse de consommation des ménages de 8 % 
  • Une diminution des investissements résidentiels de 6,1 % 
  • Une réduction des investissements des entreprises de 13,7 % 
  • Une baisse des exportations de 7,4 %   

Avec des perspectives aussi moches de la part du ministre des Finances, on comprend pourquoi l’année 2020 signe la fin de l’époque des gros surplus budgétaires à Québec. 

Heureusement, l’année 2021 s’annonce plus vigoureuse !