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Quoi faire lorsque votre emploi est incompatible avec le télétravail

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Avec la pandémie de coronavirus, de nombreux employés fonctionnent désormais en mode télétravail. Toutefois, certains emplois nécessitent que l’on se rende encore sur les lieux de travail. Êtes-vous inquiet parce que vous devez rentrer au bureau ? Voici ce que vous devez savoir.

S’il est impossible de réaliser votre travail à partir de votre domicile – vous occupez un poste dans l’industrie manufacturière ou dans un commerce de détail, par exemple –, vous vous demandez comment votre employeur va pouvoir assurer votre sécurité en cette période de pandémie. Sachez qu’il a des obligations à respecter.

Selon la Loi sur la santé et la sécurité du travail (article 51), il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses employés. 

Cela signifie que l’employeur doit mettre en œuvre des mesures d’identification, de contrôle et d’élimination du risque biologique que constitue la COVID-19.

Développer de nouveaux réflexes

« Concrètement, en plus du télétravail lorsque cela est possible, il faut instaurer des mesures de distanciation sociale et limiter les interactions physiques entre employés », précise Carl Ardy Dubois, directeur du Département de gestion, d’évaluation et de politique de santé, à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Idéalement, une distance de deux mètres devrait être maintenue entre les individus.

Il faut également mettre du gel hydroalcoolique à la disposition des employés et afficher les consignes recommandées par la santé publique : se laver les mains fréquemment, tousser et éternuer dans le pli du coude, utiliser les mouchoirs en papier et les jeter immédiatement après utilisation, etc. Pour saluer ses collègues, on évite aussi de s’embrasser ou de se serrer la main.

Mais il y a plus. Ainsi, Mouna Knani, professeure au Département de gestion des ressources humaines, à HEC Montréal, souligne qu’un employeur doit faire en sorte que ses employés œuvrent à distance, et ce, même s’ils se trouvent dans les mêmes locaux. 

« Il faut expliquer aux travailleurs les nouvelles façons de faire afin qu’ils développent des réflexes, par exemple privilégier les appels téléphoniques au lieu de se rendre directement dans le bureau d’un collègue et éviter les réunions face à face en utilisant des technologies comme Skype ou FaceTime », conseille-t-elle.

Éviter les contacts rapprochés

La professeure souligne qu’il est également indispensable d’éviter les zones où l’on pourrait avoir des contacts rapprochés avec d’autres personnes au travail, la cafétéria ou autour de la machine à café, par exemple. 

« Même chose pour les ascenseurs. Quand c’est possible, on prend l’escalier, ce qui permet du même coup de faire de l’exercice », dit Mouna Knani.

Il faut aussi retirer des salles d’attente et des aires communes les magazines et journaux. Ils sont manipulés par de nombreuses personnes chaque jour et peuvent être contaminés si l’une d’entre elles est porteuse du virus. On ne sait pas encore avec précision combien de temps le virus survit sur les surfaces, on parle de quelques heures à plusieurs jours, selon les cas.

C’est pourquoi les entreprises doivent aussi s’assurer que les locaux soient nettoyés de façon approfondie chaque jour, idéalement avant l’ouverture des locaux : bureaux, poignées de porte, rampes, matériel partagé, etc. Pour sa part, l’employé apportera un soin particulier à sa propre aire de travail et nettoiera minutieusement son téléphone, son clavier et sa souris, notamment.

Conseils   

  • La CNESST rappelle qu’en contexte de pandémie, les entreprises peuvent se doter d’une politique sur la présence au travail des personnes présentant des signes et symptômes de l’infection. Les organisations doivent toutefois communiquer clairement à leurs employés quelle est la conduite à suivre à l’apparition des symptômes.  
  • De son côté, le travailleur a aussi des responsabilités et des obligations. Il s’assure notamment « de prendre les mesures nécessaires pour protéger sa santé, sa sécurité ou son intégrité physique et de veiller à ne pas mettre en danger la santé, la sécurité ou l’intégrité physique des autres personnes qui se trouvent à proximité des lieux de travail », selon la Loi sur la santé et la sécurité du travail (article 49). Cela signifie, par exemple, mentionner à son employeur que l’on revient de voyage ou que l’on pense avoir été en contact avec une personne contaminée.  
  • Vous pouvez suivre l’évolution de la situation de la COVID-19 au Québec et consulter la liste des recommandations sur le site du gouvernement du Québec.   

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