/opinion/columnists
Navigation

Soutenir le féminisme, oui, mais lequel?

Gabrielle Bouchard
Photo d’archives, Chantal Poirier On ne connaît plus trop la définition du féminisme.

Coup d'oeil sur cet article

Au moment du mini-remaniement ministériel, François Legault a eu cette formule pittoresque pour parler de Sonia LeBel : au Trésor, mon trésor !

Personne n’aurait dû s’y attarder. Mais c’était sans compter l’aile néoféministe de la brigade des scandalisés professionnels sévissant sur les médias sociaux, toujours à la recherche d’une situation à dénoncer.

Quoi ?! Legault a osé parler ainsi ! Les indignés se sont mobilisés pour traiter le premier ministre de mononcle ! Vilain Legault ! Machiste Legault ! Patriarcal Legault ! Vilain politicien, qui n’est pas au courant des interdits du moment et qui ne tient pas à jour la liste de ce qui hérisse les néoféministes !

Trésor ! 

On aurait envie de dire : vous n’en avez pas assez de voir des scandales là où il n’y en a pas ? Avez-vous à ce point besoin de votre dose quotidienne d’indignation pour montrer à tous que vous êtes bien vertueux, et toujours préparés à sauter sur le méchant de la journée ? Les médias sociaux rendent fous.

Il faut dire que le féminisme est chose complexe.

S’agit-il de se rallier à la cause de l’égalité entre les hommes et les femmes ? Si tel est le cas, nous l’embrassons tous.

L’égalité entre les sexes est un acquis précieux de notre civilisation et il vaut la peine de se battre pour elle, surtout au moment où un certain islam condamne les femmes à la ségrégation sexuelle. Ajoutons toutefois que certaines militantes féministes « postcoloniales » veulent nous faire croire que le vrai féminisme consisterait aujourd’hui à soutenir et à banaliser le voile.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

S’agit-il de s’opposer à l’hypersexualisation des jeunes filles, victimes d’une culture pornographique qui contamine les réseaux sociaux et de critiquer l’industrie de la mode qui pousse les femmes à l’anorexie ?

S’agit-il plutôt de s’imaginer, dans la plus pure tradition conspirationniste, que le monde serait dominé par un supposé « boys club », comme le veut une étrange théorie aussi rigoureuse intellectuellement qu’un manuel d’astrologie ?

S’agit-il même d’affirmer que l’identité sexuelle est une pure fiction sociologique qu’il faudrait déconstruire au nom de la diversité des genres ?

S’agit-il de se laisser dans une entreprise d’épuration culturelle de la littérature et du cinéma, en se lançant à la chasse aux « préjugés sexistes » ? 

On ne sait plus trop. Soutenir le féminisme, oui, mais lequel ?

FFQ

Pendant ce temps, l’ubuesque Gabrielle Bouchard a démissionné de la Fédération des Femmes du Québec. Comme quoi il n’y a pas que des mauvaises nouvelles dans la vie.

La FFQ est probablement un des lobbies les moins représentatifs de l’histoire de l’humanité. Elle représente autant les femmes du Québec qu’un lobby masculiniste de fond de sous-sol où une bande de puceaux frustrés et misogynes représentent les hommes québécois.

Il faudrait en finir avec cette idée qu’une organisation subventionnée et non représentative est en droit de parler au nom de tout un sexe.

L’émancipation féminine est une cause trop noble pour être confisquée par des idéologues qui nous parlent d’une galaxie loin de chez nous.