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Vivre dans une roulotte en raison de la pandémie

Des ménages doivent entreposer leurs biens en attendant leur nouvelle demeure

Roulotte pandémie
Photo Dominique Scali Karine Paquette et Jean-François Baker, les parents de Léa Paquette, 7 ans, et Philippe Baker, 2 ans, ont déboursé plus de 4000 $ pour acheter une roulotte usagée et payer les frais de déménagement et d’entreposage en attendant leur maison.

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Vivre à quatre personnes dans une roulotte, c’est la solution qu’a trouvée une famille des Laurentides qui fait partie des nombreux ménages n’ayant nulle part où résider en raison des retards causés par la pandémie.

« Le rangement de linge des enfants, je n’ai aucune idée où mettre ça », s’interroge Karine Paquette, 26 ans, au milieu de sa nouvelle roulotte, installée sur le terrain d’un membre de sa famille à Boisbriand, sur la Rive-Nord de Montréal. 

Une mini toilette chimique est rangée sous le banc. Et malgré l’installation d’un petit four à convection pour cuisiner, la popote sera rudimentaire. 

« Le frigo est petit comme mon derrière », s’exclame cette préposée aux bénéficiaires, qui doit gérer un « casse-tête » immobilier en plus d’être au front en CHSLD. 

C’est ainsi qu’elle devra vivre avec son conjoint de 41 ans, Jean-François Baker, et leurs enfants de 2 et 7 ans pour une durée indéterminée. Elle n’a aucune idée du moment où la maison qu’elle était censée habiter pour la fin juin sera accessible. Et elle doit quand même libérer son appartement demain, avant que les nouveaux locataires y emménagent.

Comme elle, bon nombre de ménages sont pris au dépourvu par les effets dominos de la pandémie. C’est le cas de ceux dont la maison ou le condo n’est pas prêt à temps en raison des retards sur les chantiers de construction. 

Roulotte pandémie
Photo Dominique Scali

Délais à la Régie du logement

Pour la famille Paquette-Baker, ce sont plutôt les délais à la Régie du logement qui sont en cause. Leur maison est toujours occupée par des locataires qui ont cessé de payer leur loyer depuis janvier pour des raisons personnelles, mais qui refusent de quitter les lieux. 

La propriétaire, qui a tenu à garder l’anonymat, explique avoir demandé à ce qu’ils soient évincés en mars, mais elle n’a toujours pas de date d’audience. 

La Régie a suspendu ses audiences générales pendant plus de deux mois à partir de mars. Un moratoire a aussi été imposé sur les expulsions de locataires jusqu’en juillet. 

Comme le bail des locataires récalcitrants se termine le 1er octobre, Mme Paquette et sa famille pourraient avoir à vivre en roulotte pendant des semaines, voire des mois. 

« On a regardé tous les plans B », dit-elle. 

Impossible de trouver un appartement abordable loué au mois, explique M. Baker.  

Ils n’ont donc pas eu le choix d’entreposer une partie de leurs meubles. 

« On a dû louer deux blocs de 10 pieds parce qu’il n’y avait plus d’espace de 20 par 15 pieds disponibles », dit M. Baker. 

Difficile d’entreposer

Il y a en effet une pénurie d’espaces d’entreposage en raison de la crise sanitaire, confirment plusieurs compagnies. 

Habituellement, les gens entreposent leurs effets pour quelques semaines. Ces temps-ci, ils les gardent pour deux et même trois mois, remarque Pierre-Olivier Cyr, du Clan Panneton. 

« Il y a beaucoup plus d’incertitude. Les gens vont m’appeler pour changer trois ou quatre fois de date [de départ] », abonde Karolane Brault, vice-présidente de Brault Déménagement. 


La Régie du logement n’a pas répondu aux questions du Journal sur les délais actuels avant d’obtenir une audience.