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COVID-19 : l’Europe menacée d’une nouvelle vague, la pandémie enfle en Amérique

COVID-19 : l’Europe menacée d’une nouvelle vague, la pandémie enfle en Amérique
AFP

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PARIS | La pandémie de la COVID-19 menace de repartir en Europe, où les habitants sont tentés de baisser la garde, et gagne en ampleur aux États-Unis comme dans plusieurs pays d’Amérique latine. 

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Plages bondées en Angleterre sous le coup d’une vague de chaleur, vols qui reprennent à Paris-Orly, l’Europe est tentée de relâcher sa vigilance alors que l’OMS a prévenu jeudi des risques d’une nouvelle vague sur le Vieux Continent.

Preuve de cette menace persistante, l’Ukraine a enregistré 1109 cas de nouveau coronavirus vendredi, un record, les contagions s’accélérant depuis la levée des restrictions le 11 mai. Une «vague grave» selon les autorités qui préparent de nouveaux hôpitaux.

Aux États-Unis, les contagions progressent dans l’Ouest et surtout le Sud, en particulier au Texas, en Floride et en Californie.

Christian Faucher, correspondant en Floride, revient sur le rebond du virus aux États-Unis à QUB Radio:

Le Texas, un des premiers États américains à avoir rouvert son économie, a suspendu jeudi son processus de déconfinement en cours.

La barre des 5000 nouveaux cas y a été franchie deux jours de suite et les hospitalisations ont plus que doublé en deux semaines.

«Cette pause temporaire va aider notre État à contenir la propagation», a déclaré jeudi le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott.

Il a suspendu les opérations chirurgicales non-indispensables dans les grandes villes pour maintenir la capacité d’accueil des hôpitaux.

De nombreux responsables américains d’une vaste frange couvrant le Sud et l’Ouest observent depuis quelques semaines leurs hôpitaux se remplir de malades du Covid-19.

Jeudi à 20 h, les États-Unis comptaient plus de 37 000 nouveaux cas diagnostiqués et 692 décès supplémentaires pour la journée de jeudi, selon les chiffres des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

Une deuxième vague était redoutée pour l’automne et l’hiver, en conjonction avec la grippe saisonnière, mais c’est une vague estivale qui s’ébauche.

Au total, la pandémie a fait 485 549 morts officiellement recensés dans le monde, selon un bilan de l’AFP jeudi à 20 h 30. Après les États-Unis, c’est le Brésil qui a subi le plus de décès (54 971).

Le Mexique a déploré jeudi plus de 25 000 morts du virus et quelque 200 000 personnes contaminées depuis le début de l’épidémie dans ce pays de 127 millions d’habitants, selon les autorités.

Plus de la moitié des près de 105 000 morts des Caraïbes et d’Amérique latine ont été enregistrés au Brésil.

En Europe, l’OMS a mis en garde jeudi contre une nouvelle vague qui se prépare alors que les autorités et habitants sont tentés de tourner la page de la pandémie qui a mis le continent à l’arrêt au printemps.

Après trois mois d’arrêt, l’aéroport parisien d’Orly a salué le décollage d’un premier vol, arrosé par les canons à eau des pompiers lors d’une cérémonie dite de «water salute».

Au Royaume-Uni, le gouvernement a appelé les Britanniques à respecter la distanciation sociale, menaçant de fermer les plages où des milliers de personnes se sont rassemblées ces derniers jours en pleine vague de chaleur.

Le conseil municipal de la station balnéaire de Bournemouth a fait intervenir la police alors que les plages étaient bondées sous des températures dépassant les 30°C.

Des milliers de partisans de Liverpool ont également bravé les recommandations sanitaires pour fêter le premier titre de champion d’Angleterre du club depuis 30 ans devant le stade d’Anfield Road jeudi soir.

La police avait aussi dû intervenir pour disperser plusieurs fêtes dans les rues de Londres et au moins 22 policiers ont été blessés mercredi soir après avoir fait l’objet de jets de bouteilles à Brixton, dans le sud de la capitale.

L’Organisation mondiale de la Santé a pourtant mis en garde jeudi le continent contre toute tentation de baisser la garde: «Dans onze pays, l’accélération de la transmission a entraîné une recrudescence très importante qui, si elle n’est pas maîtrisée, poussera les systèmes de santé au bord du gouffre une fois de plus en Europe», a mis en garde le directeur de la branche Europe de l’OMS, Hans Kluge.

Symptôme de la crainte d’une nouvelle vague, des supermarchés australiens ont de nouveau imposé des limites au nombre de rouleaux de papier toilette pouvant être achetés, en raison d’une nouvelle fièvre d’achats par des clients paniqués face au regain de cas de coronavirus à Melbourne.

Sur le plan économique, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde a estimé que « le pire est probablement passé », insistant sur le fait que la reprise sera néanmoins «incomplète» et qu’elle va «transformer» l’économie.

En Italie, le déficit public de l’Italie a atteint 10,8 % du PIB au premier trimestre, contre 7,1 % un an plus tôt.

Le premier ministre vietnamien Nguyen Xuan a déploré que la pandémie «ait balayé» des années de croissance économique en Asie du Sud-Est, lors d’un sommet des dirigeants de la région.