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Favoritisme libéral grossier

Inde - Canada
Photo Chantal Poirier Christine St-Pierre, toujours députée libérale de l’Acadie, jure qu’elle n’a jamais eu connaissance de cette grille partisane implacable que ses propres employés de cabinet appliquaient aux demandes.

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Bien sûr, les faits sont anciens. Mais ce qu’a révélé TVA Nouvelles mercredi est néanmoins révoltant et n’est pas sans répercussions aujourd’hui.

En 2007 et en 2008, l’attribution d’un budget discrétionnaire de la ministre de la Culture libérale, Christine St-Pierre, était passée au tamis d’un favoritisme libéral grossier.

Les preuves sont accablantes, la partisanerie sans vergogne s’étale dans des dizaines de réponses à des demandes d’aides formulées par des organismes culturels.

L’enveloppe discrétionnaire – le Fonds d’initiatives culturelles – de la ministre était de 730 000 $. Bref, les sommes octroyées sont petites.

Considérations partisanes

Tout de même. Imaginez que vous travaillez dans l’organisation du Salon des peintres professionnels de Joliette. Vous réclamez un petit montant d’appui de la part de la ministre. Vous vous attendez à ce que la décision de vous aider ou non soit fondée sur le mérite et non sur votre orientation politique réelle ou présumée.

Or, selon les documents consultés par TVA, les attachés politiques chargés d’évaluer les demandes formulent leurs recommandations en fonction de considérations partisanes : « Selon le “pilier”, c’est une très belle place, mais ça ne fait pas vraiment partie de ses priorités, car il [sic] est pas mal rempli de péquistes. »

Autre décision, cette fois sur la 11e édition de la Nuit de la poésie de Rouyn-Noranda : un employé de cabinet souligne que « selon pilier, la madame derrière ça est apolitique, mais la gang dans ces genres d’affaires sont [sic] péquistes ou québéc [sic] solidaires trois-quarts du temps. Il nous recommande de donner mais de couper de motié [sic] ce que nous avons donné dans le passé. Histoire de leur montrer comment les budgets ne sont pas là quand on est dans l’opposition, sans toutefois les abandonner complètement ».

Inciter les gens à « voter du bon bord » avec de l’argent public ! Précisément ce que l’opposition libérale reprochait récemment au gouvernement Legault, notamment avec le projet de loi 61 et les maisons des aînés. On comprend Dominique Anglade de vouloir limiter le plus possible l’attention portée aux élus de l’ère Charest encore membres du caucus.

Encore employé

Christine St-Pierre, toujours députée libérale de l’Acadie, jure qu’elle n’a jamais eu connaissance de cette grille partisane implacable que ses propres employés de cabinet appliquaient aux demandes... qu’elle-même finissait par contresigner. Difficile à croire. Sa chef devrait exiger des explications.

Quant à la ministre de la Culture Nathalie Roy, elle devrait savoir que Kevin Cogland, un des attachés politiques apparaissant le plus souvent (dans les décisions que TVA a pu consulter) est actuellement employé d’une direction régionale du ministère de la Culture ! Lui, qui citait si souvent « pilier », doit bien se souvenir de qui il s’agissait.

Le recrutement, par la fonction publique, d’anciens employés de cabinet, est courant au Québec. Ce sont souvent des gens ayant acquis sur le tas une bonne connaissance du fonctionnement de l’appareil public.

Mais veut-on vraiment de ceux qui, dans le lot, ont participé à des dérives ultrapartisanes ? Poser la question...