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L’aventure intérieure de Klô Pelgag

L’aventure intérieure de Klô Pelgag
Joël Lemay / Agence QMI

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L’artiste Klô Pelgag dévoile vendredi un troisième album en carrière intitulé «Notre-Dame-des-Sept-Douleurs» entièrement traversé par l’aura que conserve pour la chanteuse ce petit village du Bas-Saint-Laurent. 

«C'est presque bizarre à quel point l’expérience, le propos et le résultat final concordent avec cette idée-là de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs», explique d’abord l’artiste Klô Pelgag à propos de son nouvel album et du sens qu’il porte à ses yeux.

«C’est un village par lequel on passait dans mon enfance quand on allait chez mes grands-parents, se souvient-elle. On partait de la Gaspésie vers le bas du fleuve, j’avais une idée de ce à quoi ça devait ressembler parce que c’est un nom de ville super fort et super “heavy”. Non seulement c’est douloureux, mais il y en a “sept”. C’est resté dans mon esprit, et des années plus tard ça a ressurgi.»

Une île

La composition de l’album, qui s’est échelonnée de décembre 2018 à juillet 2019, fut une période trouble et difficile pour la chanteuse, précisément à l’image de l’idée qu’elle se faisait de ce petit village du Bas-Saint-Laurent.

«Tout a pris son sens à partir du moment où j’avais vécu la trajectoire entre le début et la fin de l’enregistrement. Pour moi, cet album-là c’est une aventure à plusieurs niveaux, mais entre autres d’un point de vue personnel de guérison en fait», résume Klô Pelgag.

«Au début, je n’allais vraiment pas bien, j’étais très mal en point, j’étais dans un état où j’avais presque fait le deuil de retrouver le bonheur, poursuit-elle. Et à la fin du processus d’écriture, je me sentais mieux, j’étais à une meilleure place dans ma vie, et alors qu’on était en vacances dans le bas du fleuve dans la maison familiale, on a décidé d’aller voir Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.»

Alors que l’artiste commençait à voir venir des jours plus heureux, l’idée plus sombre et dure qu’elle se faisait de ce petit village s’embellissait également.

«À ce moment-là, en recherchant sur la carte, j’ai découvert que c’était une île. Je ne le savais pas encore, explique celle qui est native de la Gaspésie. À partir de là, j’ai juste été étonnée. J’avais imaginé un village un peu mourant, désert, mais finalement c’est une île où il y a une trentaine d’habitants, où il n’y a pas de magasins, les routes sont en terre, tout est à l’état naturel, de super belles maisons en bois. Ça n’avait pas de rapport avec ce que j’avais imaginé. Et c’était en phase avec le parcours que j’avais fait.»

L’aventure intérieure de Klô Pelgag
Photo Benoit Paillé

Report

Il en ressort un album de 12 chansons à la poésie toujours colorée et bien sentie, que l’on écoute d’un bout à l’autre comme un grand voyage, comme une proposition qui se tient tout du long.

«Comme à chaque album, j’essaie d’accoter le plus possible en musique ce que je ressens au moment où je le fais, poursuit la compositrice. Je voulais surtout ne pas me répéter. Je voulais aller ailleurs, je sentais que j’avais besoin de me surpasser. Au départ, c’était quand même assez vertigineux de me lancer dans cet exercice-là, dans cet élan-là, surtout que j’étais pleine de trucs qui avaient besoin d’être nommés, d’être dits, de sortir de moi.»

D’abord annoncée au mois d’avril, la sortie de l’album fut finalement reportée en raison de la pandémie de la COVID-19 et des répercussions qu’elle a entraînées sur le milieu culturel. Alors que son nouvel opus est maintenant dévoilé, qu’est-ce qui se dessine ensuite pour l’artiste?

«On est un peu dans le néant pour ce qui est des spectacles en ce moment, mais je ne pense pas à ça, je vais le prendre quand ça va venir, indique Klô Pelgag avec un calme serein. Nous, on va se préparer, on va commencer à monter le spectacle et on va être prêts quand ça va arriver.»

L’album «Notre-Dame-des-Sept-Douleurs» est disponible depuis vendredi.

La composition pour Klô Pelgag

L’aventure intérieure de Klô Pelgag
Joël Lemay / Agence QMI

Le style musical de Klô Pelgag est désormais bien ancré sur la scène artistique québécoise. Si elle sait se réinventer à chacun de ses albums, une signature en ressort tout de même, souvent définie par des environnements musicaux éclatés, des arrangements très originaux et sans formules toutes faites, et à travers lesquels un sens de la mélodie réussit toujours à percer.

«Je suis mon instinct, soutient d’emblée la musicienne lorsqu’on la questionne sur la façon dont elle compose. Pour moi, je pense que ma force dans la musique, c’est l’instinct.»

L’artiste ne s’impose pas une discipline fixe et serrée, à travers laquelle la méthode de travail serait toujours la même. Elle ne commence pas toujours avec les paroles ou avec la musique. «Non jamais, ça n’a jamais été ça», indique-t-elle de façon tranchée.

«Et pour cet album-là, j’avais le désir de modifier ma façon de travailler de sorte que ça m’amène ailleurs, poursuit Klô Pelgag. J’ai travaillé plus avec un logiciel en parallèle. Souvent, j’arrangeais en même temps que j’écrivais la musique et que j’écrivais les paroles, ces trois couches-là avançaient en même temps, et ça me donnait de l’inspiration pour la suite.»

«Je me suis aussi acheté des synthétiseurs, ce que je n’avais pas auparavant, pour alimenter la relation directe entre mon cerveau et la mélodie, et ma conception des arrangements, ajoute l’artiste. C’est comme ça que je suis arrivé à faire des arrangements sur la chanson La maison jaune.»