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Le blocage persiste sur la rivière Moisie

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SEPT-ÎLES | Des membres d’une communauté innue de la Côte-Nord maintiennent le blocage d’un chemin donnant accès à un secteur prisé du camp de pêche de la rivière Moisie, à Sept-Îles.

Depuis mercredi, l’accès à la rampe de mise à l’eau du secteur Winthrop-Campbell est bloqué par des arbres abattus. Cela empêche les pêcheurs de se rendre dans ce secteur de pêche au saumon géré par l’Association de protection de la rivière Moisie et qui appartient au camp Adams (aussi connu sous le nom de camp de pêche de la rivière Moisie).

Dans un communiqué de presse, le conseil de bande de Uashat Mak mani Utenam affirme qu’il soutient les membres qui ont construit le barrage routier. L’organisation politique explique que cela résulte de plusieurs jours de tensions.

Il faut dire que la Sûreté du Québec (SQ) est intervenue à deux reprises dans le secteur de la rivière Moisie au cours du mois de juin.

La première intervention de la SQ, le 11 juin, a mené au dépôt d’accusations d’intimidation, de harcèlement et de conduite dangereuse d’un canot contre un pêcheur membre du conseil d’administration de l’Association de protection de la rivière Moisie.

La Sûreté du Québec confirme que les policiers sont également intervenus cette semaine après une plainte pour méfait. Une vidéo publiée sur Facebook montre les forces de l’ordre demandant l’arrêt des travaux de construction d’un chalet aux abords de la rivière.

Québec sommé d’intervenir

L’Association de protection de la rivière Moisie (APRM) a publié vendredi un communiqué pour demander au gouvernement du Québec de soutenir la mise en place d’un mécanisme d’échange et de partage permanent. Selon l'APRM, cela permettrait aux parties prenantes (l’APRM, le camp de pêche de la rivière Moisie, et les représentants de la communauté innue) de s’entendre sur les modalités d’une cohabitation harmonieuse.

L’APRM a également précisé que «la grande majorité de ses membres ne nourrit aucune animosité envers la nation innue, bien au contraire».

En ce qui concerne le membre du conseil d’administration qui fait face à des accusations criminelles, le vice-président Michel Villeneuve dit que l’Association est «en réflexion» quant à son maintien en poste.

De son côté, le conseil de bande se dit «ouvert à collaborer avec les organisations impliquées dans le dossier».

Des tensions qui ne datent pas d’hier

Les tensions autour de l’utilisation de la rivière Moisie remontent à aussi loin que la prise de possession du territoire par la Compagnie de la Baie d’Hudson à la fin du 19e siècle, selon le professeur en science politique à l’Université Laval, Thierry Rodon.

«Les tensions ont beaucoup augmenté dans les années 1970 avec la mort de pêcheurs innus, des morts très suspectes», explique-t-il.

«[Les tensions] se sont finalement un peu réglées, à un moment donné, parce qu’il y a eu une entente entre le conseil de bande et le gouvernement du Québec sur la gestion de la rivière Moisie, mais cette entente est tombée à l’eau et depuis ce moment, il y a d’autres tensions qui reviennent», raconte le professeur.

Pour sa part, le gouvernement du Québec dit «suivre la situation de très près».