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Les employés pas pressés de retourner au bureau chez Cascades

La pandémie pourrait amener l’entreprise à réduire son empreinte immobilière

Cascades
Photo d'archives, Andréanne Lemire Dans cette usine de Drummondville, Cascades fabrique des boîtes de carton qui sont notamment utilisées dans le secteur du commerce électronique.

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Cascades a rouvert les portes de ses bureaux à ses employés il y a deux semaines, mais jusqu’à maintenant, rares sont ceux qui tiennent absolument à y retourner.

« Je vous dirais qu’il n’y a pas 20 % des gens qui sont revenus au bureau », indique au Journal le PDG du fabricant de produits de papier recyclé, Mario Plourde.

En mars, Cascades a placé 3000 de ses quelque 11 000 salariés nord-américains en télétravail.

Il s’agissait d’employés de bureau, des professionnels, des gestionnaires et des vendeurs.

Le grand patron, Mario Plourde, qui est âgé de 58 ans. Il est aux commandes depuis sept ans.
Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Le grand patron, Mario Plourde, qui est âgé de 58 ans. Il est aux commandes depuis sept ans.

L’entreprise permet maintenant à la moitié d’entre eux de retrouver leur espace de travail et assure que toutes les mesures ont été prises pour assurer le respect de la distanciation sociale.

« On voit qu’il n’y a pas un grand engouement à revenir », constate toutefois M. Plourde. 

« Je pense que dans les choses qui vont changer, il y a ça : est-ce qu’on a vraiment besoin de faire déplacer les gens tous les jours pour venir au bureau ? Dans certains cas, oui, parce qu’il y a des besoins, il faut se voir, mais pour bien des tâches, ce n’est pas nécessaire. On peut travailler à distance. Ça se fait très bien maintenant : les moyens technologiques ont tellement évolué », ajoute-t-il.

« Prêts et accessibles »

Jusqu’ici, le télétravail n’a pas vraiment entraîné de baisse de la productivité chez Cascades.

« Aujourd’hui, on part une réunion sur Teams à 7 h ou 8 h le matin, les gens sont là, ils sont prêts et accessibles plus facilement », soutient Mario Plourde.

Cette petite révolution pourrait faire baisser les dépenses immobilières de l’entreprise.

« Éventuellement, on aura à se poser la question : est-ce qu’il y a 20 ou 30 % de la population maintenant qui travaille de la maison ? On va réajuster nos besoins en bureaux en fonction de ça. »

Cascades est l’une des rares grandes entreprises québécoises à avoir bien tiré son épingle du jeu depuis le début de la pandémie. 

Stockage de papier hygiénique

La chute de ses ventes dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et des institutions a été largement compensée par la hausse de la demande du côté du commerce de détail. 

« On a été surpris au départ, on se demandait pourquoi les gens avaient besoin de stocker autant », lance M. Plourde en parlant des fortes ventes de papier hygiénique et de mouchoirs en mars. « On a vidé nos inventaires, c’est clair ! »

En Bourse, l’action de l’entreprise a crû de plus de 25 % depuis le début de l’année.

Cascades a aussi tiré profit de la forte croissance des livraisons de repas à domicile. 

« On est à pleine capacité, affirme le PDG de l’entreprise fondée en 1964. On fournit tout ce qu’on peut. [...] Les gens ont développé cette habitude de vie là. On a l’impression qu’il y a une partie de ça qui va rester après la pandémie. »