/world/pacificasia
Navigation

Soupçons d'ingérences chinoises: perquisition chez un élu australien

Coup d'oeil sur cet article

SYDNEY | Policiers et agents du renseignement australiens ont effectué vendredi une perquisition au domicile et au bureau d’un élu local de l’opposition travailliste, dans le cadre d’une enquête liée aux soupçons d’ingérences chinoises en Australie, ont annoncé les autorités. 

Membre du Conseil législatif de l’État de Nouvelle-Galles du Sud, dont Sydney est la capitale, Shaoquett Moselmane est connu de longue date pour être un ardent partisan de Pékin, une position qui a souvent suscité l’étonnement au sein du Parti travailliste.

L’agence australienne de contre-espionnage, l’Australian Security Intelligence Organisation (ASIO), a confirmé à l’AFP que des perquisitions avaient lieu «à Sydney dans le cadre d’une enquête en cours», refusant de donner de plus amples précisions.

Sans mentionner explicitement le cas de M. Moselmane, le premier ministre conservateur Scott Morrison a affirmé que son pays était déterminé à «se dresser» contre toute tentative d’ingérences étrangères.

«Les menaces dans ce domaine sont réelles, et la nécessité d’agir l’est aussi», a-t-il dit. «Nous ne laisserons personne venir et essayer de s’ingérer dans notre système politique.»

M. Moselmane avait notamment salué le leadership «inébranlable» du président chinois Xi Jinping pendant la crise du coronavirus, en l’opposant à la politique du gouvernement conservateur australien.

Certains médias rapportent par ailleurs qu’il a embauché un collaborateur formé à l’Académie chinoise de gouvernance, un établissement de Pékin formant les membres du Parti communiste chinois (PCC) appelés à travailler dans la fonction publique.

La cheffe du Parti travailliste en Nouvelle-Galles du Sud Jodi McKay a déclaré aux journalistes qu’elle avait été informée de ces perquisitions, en précisant qu’elle avait lancé la procédure pour suspendre M. Moselmane du parti.

«C’est très inquiétant», a-t-elle dit. «Il est important que chaque membre du Parlement se consacre aux habitants de son État».

Cette opération illustre de nouveau la volonté de l’Australie de s’attaquer aux accusations d’ingérences chinoises qui ont contribué à la détérioration des relations entre les deux pays.

L’Australie avait annoncé en décembre la création d’un groupe de travail dédié à la lutte contre les ingérences étrangères, alors que se multipliaient les accusations d’opérations d’espionnage menées par la Chine sur l’immense île-continent.

Cette annonce était intervenue une semaine après les accusations explosives de Wang Liqiang, Chinois de 26 ans se présentant comme un ex-espion ayant fait défection en Australie.

Cet homme avait été présenté par le groupe de presse australien Nine comme un transfuge ayant révélé au contre-espionnage australien la façon dont Pékin mène des opérations d’infiltration et d’ingérence à Hong Kong, à Taïwan et en Australie.

Peu auparavant, l’ex-chef du contre-espionnage australien, Duncan Lewis, qui a démissionné en septembre, avait accusé Pékin de vouloir «prendre le contrôle» des milieux politiques via «l’espionnage et l’ingérence».

Il avait notamment cité le cas de l’ancien sénateur travailliste Sam Dastyari, qui avait été contraint de démissionner en 2018 après des informations de presse selon lesquelles il avait touché des dizaines de milliers de dollars d’un donateur lié au PCC.