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Discothèques: ouvrir ou se mettre en péril

Zach Macklovitch, tenancier de la boite de nuit Apt. 200.
PHOTO COURTOISIE Zach Macklovitch, tenancier de la boite de nuit Apt. 200.

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Plusieurs discothèques choisiront de rester fermées ou du moins de retarder leur ouverture contrairement aux bars à bière et cocktails, selon les associations de bars du Québec.

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C’est le cas du Café Campus, qui a publié sa position sur Facebook. «Nous sommes un lieu de fête et de rassemblement et nous accueillons en moyenne 300 à 500 personnes par soir. Il ne fait donc aucun sens pour nous d'accueillir un maximum de 50 personnes assises qui n'ont pas le droit de danser», est-il possible de lire sur leur page.

Le cofondateur et président de la Nouvelle association des bars du Québec (NABQ), Pierre Thibault, estime que les discothèques n’ont pas le matériel nécessaire pour asseoir 50 personnes. «[Investir pour acheter des tables et des chaises], alors qu’on est déjà endetté après trois mois de fermeture. Est-ce que les gens vont aller dans une discothèque pour rester assis?» lance-t-il.

Peter Sergakis, de l’Union des tenanciers de bars du Québec (UTBQ), est du même avis. «D’après moi, personne ne va ouvrir. La santé publique a demandé à tout le monde d’être assis. Dans un bar, ça ne marche pas. [...] Ce n’est pas opérable comme ça une discothèque, les gens y viennent pour danser. Ça ira à plus tard», prévoit-il.

Ouvrir ou se mettre en péril

Le tenancier de la boîte de nuit Apt.200, Zach Macklovitch, croit que d’ouvrir ou rester fermé est une décision difficile et qu’il lui faudra revoir son modèle d’affaires. «On ne peut pas rester plus longtemps fermés parce que nos propriétaires vont nous demander d’ouvrir: “Le gouvernement vous dit d’ouvrir, vous devriez ouvrir et recommencer à payer le loyer.” Le problème est que si nous ouvrons à une capacité de 50 personnes et que tout le monde doit être assis, on ne peut pas atteindre le nombre de ventes pour que l’entreprise survive», évalue-t-il, en choisissant de tenter sa chance et de remettre en marche son entreprise.

M. Thibault voudrait que le ministère de l’Économie et de l’Innovation dresse un plan pour aider ces entreprises à passer au travers de la crise. «On veut juste un message qui nous dit, “faites-vous-en pas, on a un plan économique pour vous”. Là, on est dans le néant. Traitez tout le monde égal, on paie tous des impôts sur les masses salariales, comme n’importe quelle entreprise», critique-t-il en rappelant que les bars sont aussi des petites ou moyennes entreprises (PME) qui survivent mal à la crise.

Rester en vie, sans virus, sans amendes

M. Macklovitch s’inquiète de la propagation du virus et du respect des règles. «C’est toujours un travail de gérer notre clientèle et d’assurer un environnement fun et sécuritaire. Maintenant avec les réglementations, c’est doubler et tripler l’intensité de ces mesures-là», explique-t-il.

«Nous sommes tous dans une situation financière stressante. On a peur de se retrouver avec une amende qui peut nous coûter cher», souligne-t-il, en ajoutant qu’une petite entreprise qui reçoit une amende élevée pourrait aller vers une faillite.