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La COVID fait exploser le prix de la coke à Montréal

Cette drogue qui est importée du sud coûte 40 % plus cher qu’avant la pandémie

25 kg de cocaïne saisis à l'aéroport Pearson
Photo courtoisie, Agence des services frontaliers du Canada L’une des plus grosses saisies de drogue réalisées durant la pandémie par les agents frontaliers canadiens remonte à la fin mars, à l’aéroport Pearson de Toronto, quand 25 kg de cocaïne ont été trouvés dans un avion en provenance du Mexique.

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La pandémie de COVID-19 a entraîné une réduction radicale des importations de drogue au pays et fait exploser le prix de la cocaïne à Montréal.

Les saisies de drogue effectuées par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) dans ses quelque 1200 points d’entrée au pays pendant les mois de mars, avril et mai derniers ont diminué de 68 % par rapport à la même période l’an dernier, a appris Le Journal.

Les agents déployés à la frontière canado-américaine, dans les aéroports, les centres de tri de courrier international et les ports du pays, ont saisi des stupéfiants à seulement 2613 reprises pendant ces trois mois de pandémie, comparativement à 8251 entre mars et mai 2019.

C’est moins que la moyenne mensuelle de 2750 que l’ASFC avait maintenue l’an dernier, avec un total de près de 33 000 saisies d’un océan à l’autre, dont près de deux tonnes et demie de stupéfiants au Québec.

Le crime organisé québécois a néanmoins trouvé des moyens de s’approvisionner en cocaïne de la Colombie ou du Pérou « mais en volume très réduit », d’après nos informations.

Flambée des prix

En conséquence, le prix du kilo de cocaïne a bondi de plus de 40 % depuis mars et s’élève présentement à environ 72 000 $ sur le marché montréalais. Ailleurs au Québec, on peut exiger 75 000 $ le kilo. 

Pendant les 20 dernières années, la même brique de coke s’était vendue autour de 50 000 $, soit le prix qui avait été fixé par les Hells Angels et le clan Rizzuto à l’été 2000.

Cette hausse s’étend jusqu’au prix du gramme de cocaïne, qui a presque doublé, passant de 80 $ jusqu’à 150 $, d’après nos renseignements.

Nos sources policières insistent sur le fait qu’il n’y a « pas de pénurie » sur le marché québécois. 

« Mais le crime organisé, qui a été moins enclin à prendre des risques sur les importations, a joué avec l’offre en créant une hausse artificielle des prix », a mentionné l’une d’elles.

Affaires au ralenti

Les forces de l’ordre s’attendent à ce que cette inflation sur le marché de la drogue se poursuive au moins jusqu’à l’automne, en attendant de voir comment se déroulera le déconfinement. Les Hells et la mafia « sont eux aussi affectés » par la crise de la COVID-19, d’après nos sources.  

L’ASFC n’a rapporté publiquement aucune saisie d’importance en territoire québécois durant le printemps dernier, ni au port de Montréal ni à l’aéroport Trudeau, où l’on estimait que le nombre de voyageurs allait baisser de 80 % entre avril et juin 2020 comparativement à l’an dernier.

L’Agence assure que « tous les voyageurs et les marchandises qui entrent au Canada sont toujours soumis au même processus d’examen et de vérification qu’avant la pandémie [...], y compris par voies aérienne, routière, maritime, ferroviaire et postale ».

Saisies de drogue en baisse au pays 

mars 2020 : 1234

mars 2019 : 3185


avril 2020 : 637

avril 2019 : 2009


mai 2020 : 742

mai 2019 : 3057

SOURCE : AGENCE DES SERVICES FRONTALIERS DU CANADA