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Le PDG de Reflector au cœur d’une tempête #MeToo

Le milieu du multimédia ébranlé par des allégations d’inconduite chez Ubisoft

Alexandre Amancio
Photo Philippe Orfali Le PDG de Reflector, Alexandre Amancio fait l’objet d’allégations d’inconduite pour des événements qui se seraient déroulés alors qu’il était à Ubisoft Montréal.

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Le milieu du multimédia québécois est ébranlé par une série de tweets accusant d’ex-dirigeants d’Ubisoft Montréal, dont le PDG de Reflector, Alexandre Amancio, de gestes inappropriés envers des employées.

• À lire aussi: Ubisoft annonce enquêter sur des allégations de violence et de harcèlement visant des cadres dans plusieurs pays

Quelques mois après une vague de dénonciations semblable chez Uber, c’est au tour du géant des jeux vidéo Ubisoft d’être accusé par d’ex-employées de n’avoir rien fait pour enrayer le harcèlement au travail.

Des dizaines de messages relayés sur Twitter depuis 48 heures font état d’un milieu de travail « toxique » pour les femmes, et ce, à l’échelle du globe. Des gestes inappropriés auraient été couramment ignorés par l’entreprise présente dans de nombreux pays.

Ces allégations n’ont pas été prouvées devant les tribunaux et il nie ces « rumeurs ».
Capture d'écran
Ces allégations n’ont pas été prouvées devant les tribunaux et il nie ces « rumeurs ».

À Montréal, c’est principalement l’ex-cadre Alexandre Amancio qui fait l’objet d’allégations. 

« Amancio a léché le visage d’une femme en pleine soirée Ubisoft, à la vue de tous. Il a également harcelé plusieurs femmes qui travaillaient pour lui », dit l’une d’elles. 

« Il convoitait une employée aux communications, et se vantait de la façon dont il aimait choisir la femme la plus difficile de la salle – généralement des barmaids – pour tenter de coucher avec elle », soutient une autre.

« Il l’a fait sans conséquence, s’indigne une troisième. Plusieurs femmes ont été punies pour avoir parlé de ces incidents. »

Précisons que ces allégations n’ont pas été prouvées devant les tribunaux. 

Il nie tout

M. Amancio a œuvré chez Ubisoft Montréal de 2005 à 2015. Il a cofondé Reflector en 2013 où il est directeur général depuis 2018, en plus d’avoir été créatif principal de Reflector de 2015 à 2018. 

Joint par Le Journal, M. Amancio dit avoir « pris connaissance des rumeurs postées sur Twitter à [s]on égard. » 

« Je ne veux en aucun cas minimiser le sérieux d’alléguer [sic] de cette nature. Cela dit, je nie les gestes qui, non seulement sont faux et représentent une atteinte à ma réputation, mais ont également un impact sur ma famille. »

L’actionnaire majoritaire de Reflector, Lune Rouge, soutient qu’il prend les allégations « très au sérieux » et « procède à une vérification interne, bien que les rumeurs qui lui sont attribuées datent d’il y a plusieurs années ». 

« Nous avons une politique interne robuste (tolérance zéro) en matière d’harcèlement [sic] au travail et nous nous assurons de mettre en place tout ce qui est en notre pouvoir pour offrir un environnement sain », a expliqué la porte-parole Anne Dongois.

Elle a confirmé du même souffle que M. Amancio demeurait en poste. 

Ubisoft a refusé d’accorder une entrevue. Dans une note de service, l’entreprise « présente ses excuses à toutes les personnes affectées » et confirme avoir déclenché une enquête.