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Le silence dérangeant des Clercs de Saint-Viateur

Une trentaine de victimes se sont manifestées depuis l’arrestation de cinq religieux

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En se cachant derrière un mur de silence, les Clercs de Saint-Viateur semblent protéger les cinq religieux de leur congrégation accusés cette semaine de pédophilie, estime un expert en abus sexuels commis par l’Église.

« Les supérieurs [des Clercs], en demeurant silencieux, envoient en fait un message. Ils utilisent le processus judiciaire comme une excuse. Le silence, ce n’est pas la solution, affirme le père Thomas Doyle. Ils devraient plutôt affirmer publiquement qu’ils font tout en leur possible pour aider les victimes et leurs familles. »

Depuis 35 ans, le prêtre américain et grand défenseur des victimes dénonce haut et fort les agissements du clergé qui camouflait les agressions sexuelles.

Selon l’expert en droit canonique, qui a témoigné dans plusieurs procès, le Québec est en retard dans ses dénonciations comparativement à d’autres endroits dans le monde.

« C’est relativement nouveau dans la province de Québec, alors qu’aux États-Unis par exemple, ça remonte à 1984, explique-t-il. Mais je suis vraiment soulagé de voir que les victimes vont davantage de l’avant et demandent justice. »

De l’histoire ancienne

Dans l’histoire du Québec, rares ont été les religieux qui se sont fait passer les menottes par les policiers.

« Les arrestations envoient le message que les autorités et les forces de l’ordre ne donnent plus de traitements de faveur aux prêtres parce qu’ils sont des prêtres, comme on sait très bien que ça s’est fait. Ces jours sont terminés et c’est bien qu’ils le soient », affirme Thomas Doyle.

Toutefois, les Clercs de Saint-Viateur devraient changer leur stratégie afin de ne pas « donner l’impression qu’ils approuvent ce que ces prêtres auraient fait ».

« Ils devraient dénoncer. Oui, ils ont l’obligation de continuer à fournir à ces religieux un toit et de la nourriture. Mais ça ne les empêche pas de dire qu’ils vont être supervisés de près et qu’on va les retirer de tout ministère », fait valoir le prêtre américain.

De manière indépendante au processus criminel, l’organisation des Clercs de Saint-Viateur est aussi visée par une action collective, au civil. Avant les arrestations, elle totalisait 270 victimes. Mais depuis, plus de 30 nouvelles personnes ont contacté les avocats derrière le recours.

« [Malgré les arrestations], en tant qu’avocat au civil, on considère avoir tous les éléments pour prouver ce qu’on allègue », affirme Me Justin Wee, du bureau Arsenault Dufresne Wee Avocats.

Début des négociations

Des négociations doivent être entamées prochainement, début juillet, avec toutes les parties impliquées dans le dossier.

« Nous avons bon espoir qu’elles amèneront à une entente pour les victimes », a souligné Justin Wee.

« Nous ne pouvons pas émettre de commentaires actuellement. Nous ne voulons pas nuire au processus judiciaire, a indiqué Simon Potvin, porte-parole pour les Clercs de Saint-Viateur. Mais nous collaborons avec la police et la justice pour faire la clarté dans ce dossier. C’est tout ce que nous pouvons vous dire dans le respect du processus et des personnes concernées. »

Les cinq religieux accusés 

Roger Larue 

Photo Agence QMI, Maxime Deland
  • 88 ans   

Jean Pilon

Photo Agence QMI, Maxime Deland
  • 78 ans   

 Gérard Whissell

Photo Agence QMI, Maxime Deland
  • 81 ans   

Laurent Madore 

Photo Agence QMI, Maxime Deland
  • 83 ans    

Raoul Jomphe

Photo Agence QMI, Maxime Deland
  • 86 ans