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Le confinement a fait bondir l’anxiété chez les enfants

Axiété TDAH
Photo courtoisie Catherine Raymond a dû prendre rendez-vous avec un pédopsychiatre du secteur privé pour augmenter la dose de médicaments de son fils Émile, 7 ans, qui souffre d’un TDAH.

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Des pédiatres ont dû augmenter les doses de médicaments de leurs jeunes patients pendant le confinement pour apaiser la détresse des familles.

«Les services aux enfants ont été coupés et les parents n’ont pas de répit. Ils sont “au coton”, laisse tomber le pédiatre Jean-François Chicoine. On a tous hâte de revenir aux doses habituelles. On ne veut pas les assommer jusqu’à ce que le vaccin arrive. Il y a une urgence pour aider ces familles.»

Depuis près de deux mois, le médecin du CHU Sainte-Justine a été contraint de gonfler les doses de plusieurs enfants atteints d’un trouble de déficit de l’attention avec et sans hyperactivité (TDA-H) ou du spectre de l’autisme.  

«Tous les jours, des parents nous demandaient d’augmenter la médication, fait valoir quant à lui le Dr Gilles Julien, père de la pédiatrie sociale au Québec. Les enfants étouffaient, certains avaient des idées suicidaires.»

Devant les demandes des parents désespérés provenant surtout de milieux défavorisés, il a plutôt misé sur les services à distance que sur les doses plus élevées. 

«En pédiatrie sociale, c’est très différent. Les enfants sont déjà en grande difficulté. Le confinement a été un stress majeur ajouté à des stress toxiques comme le manque d’accès à la nourriture et la violence.»

Anxiété

Le Dr Julien croit que le cloisonnement a fait bondir l’anxiété chez les enfants. 

C’est le cas de Mathis, qui souffre d’un TDAH et d’un trouble d’anxiété généralisée (TAG).

Le garçon de 9 ans habite avec sa grand-mère Joanne Bélec depuis sa naissance, mais voit sa mère régulièrement. Vers la fin du mois de mars, Québec a suspendu les droits d’accès des parents d’enfants placés en famille d’accueil pour limiter la propagation de la COVID-19. 

«Ça a été difficile sur le plan émotif, raconte Mme Bélec. Après deux semaines, son état s’est dégradé. Il a commencé à se plaindre de maux de ventre. Il avait de la difficulté à marcher.» Début avril, l’enfant s’est retrouvé à l’urgence. Après une série de tests, le diagnostic tombe : l’anxiété. 

Routine

Annick Vincent, médecin psychiatre spécialisée en TDAH à la Clinique Focus à Québec, souligne que les effets du confinement divergent selon les enfants. 

«Pour certains, ça a enlevé le stress de l’école. Ils ont arrêté la médication. Mais pour d’autres, la déstructuration des routines a été très difficile.»

Émile, 7 ans, qui souffre d’un TDAH, fait partie des enfants qui ont été affectés par ces changements. Le garçon a dû augmenter d’urgence sa médication. 

«Avec l’arrêt de l’école, il n’avait plus de structure ni de routine, signale sa mère, Catherine Raymond. Au début, il se disait content, mais je le voyais que ce n’était pas sincère. » Depuis le début du confinement, la famille de l’Ouest-de-l’Île tolère des comportements « inadéquats ». En mai, la situation s’est détériorée. « Je me faisais frapper. C’était la chicane avec sa sœur de 11 ans. Il était en détresse», confie Mme Raymond.