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Transition bâclée

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Les militaires déployés dans les CHSLD ont presque tous plié bagage, et ils seront remplacés à court terme par... personne. C’est à n’y rien comprendre. 

Une première cohorte de 150 personnes formées par la Croix-Rouge canadienne arrivera dans les résidences le 6 juillet prochain.

On prévoit qu’ils seront 900 à la fin du mois, dans le meilleur des cas.

Je dis dans le meilleur des cas puisque la Croix-Rouge n’a commencé son recrutement que la semaine dernière. 

Mais elle n’y est pour rien dans ce délai, selon un porte-parole. Québec et Ottawa ont convenu que sa mission débuterait seulement le 6 juillet.

« C’est ce qu’on a eu comme mandat de la part des gouvernements », affirme Karl Boisvert.

Comment Québec et Ottawa ont-ils pu convenir que ce plan était acceptable ?

François Legault a martelé pendant des semaines qu’il lui fallait 1000 soldats jusqu’au 15 septembre.

Que s’est-il passé ? Les besoins dans les CHSLD ont soudainement disparu ?

Pénurie

Rappelons qu’avant même la pandémie, il manquait 10 000 préposés dans les résidences pour aînés.

Et au plus fort de la crise, 10 000 préposés de plus étaient absents à cause de la COVID-19, d’où la nécessité de faire appel à l’armée.

La plupart des préposés absents sont de retour au travail, mais les besoins sont encore criants.

Il manque, je le répète, « à peu près 10 000 employés dans les CHSLD, pour avoir des ratios raisonnables », comme l’a déjà dit François Legault.

Cette pénurie force les préposés à travailler dans plusieurs établissements à la fois, ce qui contribue à la propagation du virus.

L’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann, avait promis que cette pratique cesserait, mais elle n’a pas tenu parole.

La situation dans les résidences pour aînés s’est grandement améliorée. Mais la pénurie de main-d’œuvre demeure.

Québec et Ottawa ont été incapables d’organiser une transition en douceur avec la Croix-Rouge. Ils étaient trop occupés à se chamailler sur l’avenir de la mission des Forces armées canadiennes. 

Ils partagent la responsabilité de cet échec.