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Au bal démasqué

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Qui l’eut cru? Un simple bout de papier ou de tissus soigneusement plié et bordé de deux élastiques génère toute une polémique. Et elle dure depuis des mois.  

Le masque! Il protège: oui, non, un peu, pas assez, pas vraiment, ne sais pas, aucune de ces réponses?

On n’en a suffisamment, on n’en a pas assez, on va en manquer, on n’en manque, finalement on en aura en masse.

Il faut le porter, oui, non, chez soi, à l’épicerie, dans la rue, à l’opéra, à la plage?

Il faut savoir le mettre, l’enlever, le jeter, le laver, le repasser, le recycler? 

Et nous sommes tannés un peu, beaucoup et parfois même passionnément.

Chez nos voisins du sud, il y a quelques fêlés du casseau qui sont prêts à prendre les armes pour revendiquer leur liberté. Pas question de leur faire porter quelque couvre visage que ce soit. Dieu nous a créé sans masque, alors pourquoi en aurait-on besoin? Ça crie, ça braille, ça revendique tous les amendements de la constitution. Comment les blâmer? On ne retrouverait jamais leur Joker bleaché étendu mort, un masque sur son visage bronzé. 

Il s’injecte un peu de javel le soir au coucher. Précaution superflue puisque le mur de la frontière du Mexique le protège non seulement des gringos mais ô miracle il stop le coronavirus!

Et la grande muraille de chine?  

Au Québec nos théoriciens du complot s’opposent à toute forme de mesures protectrices. «Cachez ce masque que je ne saurais voir!»

Nos dirigeants éprouvent de grandes difficultés à s’entendre sur la question. Les recommandations varient selon la pression atmosphérique, le facteur «humidex» et la vélocité des vents.

Le port du masque sera obligatoire: Oui, non, peut-être?

Dans les transports amoureux? Les transports maritimes? Les transports en commun? 

Probablement dans les transports en commun. Mais seulement si vous êtes assis à moins de deux mètres d’un chauve barbu.

Dans les endroits publics? Oui, sauf dans les couloirs, les escaliers mobiles et les portes tournantes. Et seulement les jours ouvrables.

Le premier ministre Legault dit peut-être, le Docteur Arruda dit oui et non, le ministre Dubé réfléchit à la question et la mairesse Plante ferme les rues.

En attendant on surfe sur l’été, le beau temps, les retrouvailles.

On fait du slalom entre les cônes orange et les détours en sacrant.

On porte le masque? 

A) 24 heures sur 24

B) Entre les repas

C) Au coucher

Et/Ou: On attendra la deuxième vague, on a tout le temps...