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Quatrième album: Braids brise le moule

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Habituée de construire son album piste par piste, sonorité par sonorité et sans l’aide de personne, la formation montréalaise Braids a décidé de briser le moule. Une façon de faire que le trio «art-rock» a adoré.

Shadow Offering, leur quatrième album, est disponible depuis le 19 juin. Raphaelle Standell-Preston, Taylor Smith et Austin Tufts sont très fiers de cette nouvelle collection de chansons.

«Je pense que c’est l’album sur lequel on a le plus travaillé. C’est la première fois que je me sens autant impliqué dans un projet. J’ai travaillé énormément sur la guitare et sur les paroles, j’ai lu et j’ai écouté de la musique pour m’inspirer. Je me suis donnée à 200%», a lancé la chanteuse, guitariste et claviériste Raphaelle Standell-Preston, lors d’un entretien.

Le batteur et chanteur Austin Tufts abonde dans le même sens. Il est même en mesure, pour la première fois, d’apprécier cet opus en tant qu’amateur de musique. 

«Il y a une nouvelle énergie. Nous nous sommes donné plus d’espace pour mettre en place nos idées individuelles. Je vois Taylor, Raphaelle, Chris et les choses qu’on a bâties ensemble et c’est très agréable», a-t-il ajouté.

Ensemble

Et Chris Walla, ex-guitariste de la formation Death Cab for Cutie, est celui qui a instauré cette nouvelle approche. C’est la première fois que Braids confiait la réalisation d’un album à une autre personne. 

«Chris avait loué une salle de notre studio Toute Garnie et nous sommes devenus amis. On lui a demandé un coup de main pour le mixage sonore et il nous a amenés dans une autre direction. Ça faisait deux ans qu’on travaillait sur l’écriture de nos chansons et on avait besoin d’air frais», a fait remarquer Raphaelle Standell-Preston.

Il y a deux façons de bâtir un album, explique Austin Tufts. Il y a celle qui ressemble à de la construction, que le groupe a toujours favorisée et il y a aussi une autre méthode. 

«C’est celle qui se fait en groupe, en studio, pour aller chercher les vibrations et le moment présent. Et c’est ce que Chris a favorisé. On a ensuite développé les chansons avec du travail de réalisation», a-t-il expliqué.

Le trio a adoré cette façon de travailler qui lui a permis d’aller chercher l’énergie qui est présente dans ses spectacles.

«C’est plus le fun d’être tous ensemble en studio. Lorsque quelqu’un fait quelque chose d’inattendu, tu réagis et il se passe des choses, ce qui n’arrive pas lorsque tu bâtis une chanson couche par couche en studio», a fait savoir le batteur et chanteur.

Prendre le temps

L’amour, les pertes, le changement, la méditation et la maturité font partie des thèmes abordés et explorés sur Shadow Offering.

«C’est vaste. Il se passe beaucoup de choses lorsqu’on arrive à la fin de la vingtaine. Il y a une intention de trouver de l’espoir dans les choses difficiles que l’on vit. Sur les autres albums, je laissais l’auditeur suspendu sur le bord de la falaise. Je tente maintenant de l’entourer de mes bras et de le ramener en équilibre sur la terre ferme», a-t-elle fait savoir.

Shadow Offering arrive cinq ans et quatre mois après l’opus Deep in the Iris.

«Ces cinq années ne sont pas intentionnelles. On voulait, toutefois, ralentir le rythme, prendre le temps d’améliorer notre façon d’écrire et de composer et retrouver une vie normale après avoir passé 16 mois sur la route pour Deep in the Iris. Nous avons, pour la première fois, un appartement. Nous étions toujours sur la route et on dormait chez des amis lorsque nous n’étions pas en tournée», a expliqué Austin Tufts. 

Le trio originaire de Calgary, qui a atterri à Montréal en 2008, essaie d’éviter les redites et ne pas demeurer dans une boîte.

«On avait 18 ans lorsqu’on a commencé à écrire notre premier album. On vivait par nous-mêmes pour la toute première fois. Les douze années qui ont passé ont été formatrices. Braids, c’est la moitié de ma vie. C’est cool de changer, de grandir et d’évoluer. On essaie d’exprimer ce qu’on ressent au moment présent», a précisé Austin Tauft.

Braids devait être sur la route depuis le mois d’avril et jusqu’à l’été 2021. Les données ont changé. 19 spectacles sont prévus en novembre et décembre sur le territoire européen.

«Ce fut douloureux au début. Ça nous a enlevé notre air et coupé nos ailes. On a fini, graduellement, par accepter la situation et trouver du plaisir différemment. On avait hâte de retourner sur la route parce qu’on adore la tournée», a mentionné Raphaelle Standell-Preston.

La chanteuse, guitariste et claviériste est consciente que tout le monde est affecté, quelque part, par cette pandémie mondiale. Il s’agit d’une période, dit-elle, qui est favorable à la réflexion.

«Ça nous amène à essayer d’avoir une relation saine avec la musique. Tu sors un disque, tu en fais la promotion, tu pars en tournée et tu reçois plein de dopamine sur scène. Nous sommes un peu sur une sorte de pilote automatique dans ce cycle. C’est un bon moment pour reconnecter avec la musique pour les bonnes raisons, pour s’exprimer et entrer en contact avec les autres», a ajouté Raphaelle Standell-Preston.