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Controverse autour de la réouverture des saunas gais à Montréal

Controverse autour de la réouverture des saunas gais à Montréal
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

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MONTRÉAL | Les saunas gais ont rouvert leurs portes cette semaine, alors qu’à quelques coins de rue de là dans le Village gai de Montréal, des commerçants doivent dépenser des sommes importantes pour faire respecter la distanciation sociale.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs membres de la communauté ont exprimé leur malaise. Ils s’expliquent mal pourquoi deux saunas, l'Oasis et le G.I. Joe, ont repris du service dans le Village gai, même si ce qui s’y passe ne répond probablement pas aux règles sanitaires.

«En gros, quand tu arrives, tu donnes 25$, tu te déshabilles et tu mets une serviette. Tout le monde baise avec tout le monde. Pas tout le monde, mais peut-être la moitié prend des stupéfiants», a expliqué Stéphane, qui travaille dans un bar dans le quartier.

«Nous, pendant ce temps-là, on doit porter une visière. On doit tout nettoyer la table dès qu’un client se lève. Au sauna, pensez-vous qu’on nettoie les chambres chaque fois que des gens baisent?», a ajouté celui qui ne veut pas que l’on donne son nom de famille, de peur que les clients des saunas boycottent son bar.

Car des hommes qui visitent les saunas, il y en a eu plusieurs dans les derniers jours. Stéphane a constaté que, depuis jeudi, il y a de longues files d’attente pour y rentrer.

«Et après, ces gens viennent prendre une bière et ils vont dans les restaurants autour. Combien vont-ils contaminer de monde? On dirait que, là, ce n’est plus grave, alors qu’il y a 40 000 nouveaux cas par jours aux États-Unis», s’offusque-t-il.

Un endroit plus sûr pour les rencontres

Face à tout ce tollé, le sauna G.I. Joe a réagi samedi sur sa page Facebook.

«Lorsque les saunas étaient fermées [sic], les gens baisaient quand même dans les parcs , les ruelles, les pistes cyclables, et partout où ils pouvaient mais sans aucune protection d’hygiène nie [sic] condom nie [sic] lubrifiant et [Purell] sans aucune propreté», a écrit la direction, qui parle de son établissement comme d’un lieu plus sûr pour avoir des relations sexuelles.

Règles floues

Il n’a pas été possible de parler à des propriétaires de sauna dimanche. Luc Sylvestre, qui possède un club échangiste, a toutefois accepté de commenter cette situation un peu particulière, qui ressemble à la sienne.

Comme pour les saunas, M. Sylvestre aurait le droit en théorie de rouvrir ses portes: son club peut être considéré comme un bar au sens de la loi puisqu’il a une licence d’alcool.

Par contre, il considère que toutes les activités qui s’y déroulent normalement ne peuvent se tenir actuellement à cause des règles sanitaires, qui restent en vigueur malgré le déconfinement.

«On a le feu vert, mais le feu est aussi rouge. Si j’ouvre ma salle de jeux, j’incite clairement aux rapprochements, ce qui contrevient aux règles. Il n’y a rien à faire avec ça. On serait ouvert sans être ouvert», a illustré le propriétaire de l’auberge libertine La Passion, à Drummondville.

Luc Sylvestre a donc préféré rester fermé jusqu’à nouvel ordre, mais ce n’est pas le cas d’autres endroits de ce genre, y compris en dehors du monde gai.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.