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«Le Complexe de Salomon» de Hélène Vachon: détourner des moments de vie

Hélène Vachon
Photo courtoisie, Antoine Tanguay Hélène Vachon

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Sans jamais tomber dans le cynisme facile ou le sarcasme navrant, Hélène Vachon, avec une plume irrésistible, transforme des moments de vie en fascinantes nouvelles dans son nouveau recueil de nouvelles, Le Complexe de Salomon. Celle qui nous avait donné l’irrésistible roman Santa en remet avec des passages rafraîchissants, des métaphores qui font éclater de rire et des moments émouvants.

Que faire pour que votre mari ne vous oublie jamais ? Y a-t-il un moyen simple, discret et sécuritaire pour se débarrasser de livres devenus encombrants ? Comment se sent un prisonnier, à l’arrêt d’autobus, le jour de sa libération ? Et pourquoi une femme tombe-t-elle amoureuse d’un assassin ? 

Hélène Vachon jette un regard sans pitié sur des situations tantôt troublantes, tantôt cocasses dans ce recueil très divertissant.

<strong><em>Le Complexe de Salomon</em><br>Hélène Vachon</strong><br>Éditions Alto<br>104 pages
Photo courtoisie
Le Complexe de Salomon
Hélène Vachon

Éditions Alto
104 pages

En entrevue, l’écrivaine explique qu’elle avait accumulé toutes sortes d’informations depuis des mois en regardant des films, des documentaires, en allant au théâtre, en rencontrant des gens... Elle a relevé « des choses de la vie qui ne font pas nécessairement un roman, mais qui font une nouvelle ». Ainsi sont nées des nouvelles cocasses, émouvantes, prenantes, parties de flashs, de sources d’émotions, de bizarreries ou d’intensités.

Des instantanés, sources d’écriture. « Pour moi, les nouvelles, ça part de détails que tu grossis à l’extrême et qui font qu’à la fin, c’est pas presque rien, c’est énorme, ce qui arrive ! », commente-t-elle.

Hélène Vachon dit qu’elle n’écrit jamais sur sa propre vie. « Ça ne m’intéresse pas. Ma vie, je la trouve très agréable, mais je n’ai pas envie de parler de ça. » Par contre, des tranches de vie ont fait naître des textes très drôles, comme « la fois où » un éditeur lui a demandé d’entreposer des caisses de livres dans sa cave... caisses dont elle n’arrivait pas à se défaire.

Une autre nouvelle parle d’une dame qui s’amourache d’un tueur en série. « C’est un sujet très grave. Comment analyser le phénomène du point de vue psychologique ? C’est un gouffre ! », commente-t-elle. « Il y a très rarement des hommes qui vont aller aider des femmes en prison... »

La joie d’écrire

 Quand elle l’écrit, Hélène Vachon est systématique : une nouvelle à la fois, et l’une après l’autre. « Je ne la lâche pas... il faut trouver une fin, il faut qu’il y ait du sens, et on devient comme obsédé ! Tu te réveilles la nuit pour y penser. »

La période d’écriture a été riche. « Il y avait une certaine effervescence, c’était une nouvelle après l’autre. Et puis, à un moment donné, ça se tarit, tout ça. » L’écriture lui apporte toujours une grande joie. « C’est une chose qu’on n’éprouve plus jamais, la joie... C’est un drôle de mot. Plus personne ne prononce ce mot. C’est une joie qui est tellement passagère... il faut recommencer tout le temps. C’est entendu que le résultat n’est jamais à la hauteur de ce que tu avais imaginé, mais c’est la vie... c’est comme ça. »