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Grimper l'équivalent du mont Everest pour lutter contre le racisme

Grimper l'équivalent du mont Everest pour lutter contre le racisme
Photo Agence QMI, Sarah Daoust-braun

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Comme c’est le cas pour bien des athlètes, Élissa Proulx a vu son été chamboulé par la pandémie de COVID-19. Mais plutôt que de rester les bras croisés, la cycliste de 17 ans s’est lancé un défi d’envergure: grimper l’équivalent du mont Everest pour lutter contre le racisme.

Ayant terminé la 42e présentation des Mardis cyclistes de Lachine au troisième rang de la Coupe de la relève féminine, Élissa devait changer de catégorie et passer chez les juniors. Cependant, les premières semaines ont jusqu’ici été annulées et le reste du calendrier demeure incertain.

S’entraînant déjà régulièrement sur la voie Camillien-Houde, elle a donc eu l’idée folle de participer à l’Everesting, ce défi qui consiste à choisir une colline et à la grimper autant de fois qu’il le faut pour atteindre un dénivelé positif de 8848 mètres, l’équivalent de celui du plus haut sommet du monde.

Elle a donc enfourché son vélo, en compagnie de son ami Nathaniel Hill samedi dernier. À 80 reprises, ils ont grimpé la voie Camillien-Houde. Ainsi, en 21 heures, ils ont parcouru 261 kilomètres pour 9300 m d’élévation.

«C’est la mort de George Floyd et la lutte contre le racisme [qui nous a motivés], a dit Élissa en entrevue. Avec mon ami Nathaniel, on a décidé de faire quelque chose pour la cause. On s’est dit qu’on allait utiliser notre vélo, qui représente pour nous un symbole de liberté, et qu’on allait faire quelque chose de gros pour montrer qu’on lutte nous aussi contre le racisme. On l’a fait en l’honneur de George Floyd.»

Élissa a d’ailleurs partagé le lien vers la campagne de sociofinancement lancée par la famille de George Floyd sur son compte Instagram, appelant les gens à faire des dons, quelques jours avant de se lancer de cette aventure.

Conditions difficiles

Les deux cyclistes n’ont toutefois pas choisi la bonne journée pour effectuer cette sortie. En effet, le mercure a atteint 34,1 degrés Celsius cette journée-là à Montréal. Toutefois, leurs amis et des membres de la famille étaient là pour les encourager.

«On n’a jamais pensé à arrêter. On était super bien accompagnés et entourés. Nos amis étaient là, ma mère aussi. Jamais on n’a pensé à abandonner. Ç’a été très, très difficile, mais on n’a jamais eu envie de lâcher.»

«C’était la pire journée pour faire ça, mais c’est encore mieux de pouvoir dire qu’on a réussi avec cette température-là. S’il n’y avait pas eu la canicule, on l’aurait fait beaucoup plus rapidement.»

Maintenant, Élissa espère pouvoir reprendre les Mardis cyclistes cet été. Portée par sa famille, et particulièrement par sa mère, Marie-Lise Ferguson, qu’elle considère comme sa plus grande source d’inspiration, elle souhaite continuer à pédaler encore longtemps.

«C’est ma huitième année de course et je pense vraiment en faire une carrière. C’est mon plus grand rêve de devenir professionnelle éventuellement.»