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La COVID-19 est-elle en train de tuer les villes ?

ART-SPECTACLE DE JESSIE REYEZ AU FIJM
Photo Agence QMI, Dario Ayala Des spectateurs regardent le spectacle de Jessie Reyez sur la scène TD de la place des Festivals, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal, sur cette photo prise en juillet 2018.

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La COVID-19 est-elle en train de tuer les villes ? Oui, en partie. Mais souvent les villes proposent un développement fondé sur les intérêts de quelques lobbies influents plutôt que sur le bien-être de l’ensemble des citoyens. La pandémie a accentué le problème.

Le tourisme de masse en constitue un bel exemple.

  • Écoutez l'entrevue de Loïc Tassé avec Vincent Dessureault à QUB Radio:

Le trou béant laissé par la COVID-19 dans l’industrie touristique a montré deux choses : 1) que beaucoup de villes autour du monde sont devenues trop dépendantes du tourisme de masse ; 2) que sans tourisme de masse, plusieurs villes sont redevenues paisibles. 

Or, les citadins n’ont pas à tolérer que leur ville se comporte en prostituée touristique ni à être dépossédés de leur ville par des touristes.

Comment une ville peut-elle à la fois protéger la vie de quartier de ses citoyens et en même temps chercher à étendre les destinations touristiques internationales dans son territoire ? 

C’est impossible.

Sauver les villes

Il faut choisir entre un ou l’autre, d’autant plus qu’à notre époque, le tourisme de masse a déjà envahi la plupart des grandes villes, avec les résultats catastrophiques que l’on mesure de plus en plus facilement.

Il est plus que temps de sauver les villes du tourisme de masse et de redonner aux citadins la quiétude à laquelle ils ont droit.

Les solutions sont simples. Il faut cesser de subventionner les industries du tourisme de masse et les festivals de tout acabit, taxer au maximum les compagnies qui profitent du tourisme de masse, encourager dans les quartiers dévastés par ce tourisme le retour des familles et des commerces de proximité, limiter le nombre d’hôtels et de Airbnb, etc.

Incohérences et fuites

Le tourisme de masse n’est pas seul à tuer les villes. Les incohérences des autorités locales accentuent aussi la fuite des citadins vers la banlieue.

Par exemple, à Montréal, la multiplication anarchique des pistes cyclables, des sens uniques ou des interdictions de stationner écœurent une bonne partie des classes moyennes, qui ne pensent plus qu’à quitter la ville et leurs logements qui, de toute manière, sont souvent trop petits pour accommoder le travail à la maison et la vie en famille.

Les autorités de la ville écoutent-elles les contribuables qui veulent de plus grands logements ? Non, au contraire, dans une logique de BS, elles interdisent dans plusieurs quartiers les agrandissements par fusion de logements.

De même, au lieu de faciliter la circulation entre les quartiers, la Ville entrave de plus en plus les déplacements automobiles internes. 

Ce faisant, les petits commerces roulent moins bien parce que les clients trouvent plus facile d’acheter des produits en ligne. 

Or, la crise de la COVID-19 a renforcé le commerce en ligne.

Malheureusement, les autorités des villes semblent avoir de la difficulté à comprendre la nouvelle donne.